L’innovation n’est pas qu’une question de technologies

Innover exige de sortir du cadre et certaines sociétés de conseil développent de nouvelles approches en y associant des méthodes de design. On voit ainsi arriver des profils de « consultants designers » qui accompagnent les entreprises dans leur transformation. C’est le cas de Tiphaine Lorant et Pauline Audinet, toutes deux consultantes chez weave, qui m’ont éclairé sur la nature de leur métier.

Subir la transformation numérique nuit à son efficacité. Pour survivre à la vague du numérique, les entreprises n’ont pas d’autres choix que d’innover. La transformation numérique est devenue synonyme d’innovation mais elle est trop souvent abordée sous l’angle technologique. Les nouvelles technologies ont indéniablement ouvert la voie à de nouveaux usages et de nouveaux modèles d’affaire mais la transformation numérique va bien au-delà de l’adoption de technologies. Elle modifie considérablement les méthodes de travail, les domaines de responsabilité et le périmètre de certaines professions. Une approche imposée de manière hiérarchique risque fort de se heurter à des résistances et aboutir à une transformation appliquée à reculons de manière incomplète et dans un timing qui s’éternise.

Donner du sens à la transformation pour faciliter l’adhésion. Pour qu’une transformation aboutisse correctement, il faut que tous les membres d’une organisation y trouvent un sens et se l’approprient voire l’incarnent. Rien de mieux pour s’approprier un projet que d’en être le co-concepteur. Pourtant il n’est pas souvent facile de remettre en question les méthodes de travail, l’organisation, les outils sans paraitre négatif voire transgressif. C’est là que des consultants comme Thiphaine et Pauline interviennent. Elles sont consultantes et maitrisent les méthodes de design. A l’heure du numérique on observe une hybridation du conseil et du design que weave désigne sous le nom de « IIF » pour Integrated Innovation Framework . Elle repose sur les 3 P du triptyque People, Place et Process.

Chacun possède une partie de la solution. L’approche IIF s’adapte à de nombreux contextes clients. Par exemple dans une grande institution financière il s’agissait de réfléchir sur la simplification des systèmes d’informations. Sujet d’actualité pour toutes les entreprises aujourd’hui. Les consultants designers comme Tiphaine et Pauline jouent le rôle de facilitateur de la co-construction des projets de transformation. Elles réunissent des personnes de profiles et de responsabilités différentes pour travailler à la conception de solutions concrètes. Il ne s’agit pas d’apprendre aux participants leurs métiers mais de les aider à réfléchir sur leurs contraintes et d’extérioriser les problèmes pour faire émerger des solutions. Sortir du cadre, laisser libre cours à ses idées, échanger sans appréhension est loin d’être aussi naturel qu’il n’y parait. L’expérience d’innovation ne doit pas se contenter d’être enrichissante, elle doit être suivie d’une validation pour s’assurer que les résultats de cette expérience peuvent être opérationnels. Dans un exemple comme celui-ci, des architectes IT ou des experts de la gouvernance IT viennent compléter l’équipe weave pour veiller à une parfaite efficacité.

Un espace pour favoriser l’innovation : Nous avons tous fait l’expérience d’une réunion ou d’un séminaire dont le déroulement avait pâti du lieu choisi. Les entreprises le ressentent et d’ailleurs elles choisissent d’aller au vert pour se sortir de la routine quand cela est nécessaire. L’espace influence l’innovation et son rôle est déterminant dans l’expérience que l’on veut vivre.  weave en a bien conscience à tel point qu’il a créé en mai 2017 « la Friche ». Un espace de 1300 m2 dans Paris conçu pour évoluer entre technologie et nature, disruption et confort. D’entrée de jeu le ton est donné, on accède dans une allée végétale « La Gallery ».

Le « GreenLive » est une sorte d’amphithéâtre cosy où les clients vont élargir leur horizon de réflexions et aborder des sujets sous d’autres points de vue.  Des intervenants weave et des personnalités extérieures sont chargés de provoquer le changement par des présentations décalées. Même impression de détente dans l’espace Bivouac propice au brainstorming. Il s’agit de donner corps à des idées et d’en sélectionner quelques-unes qui feront l’objet d’un prototypage dans l’espace « Garage »

Des méthodes empruntées au développement. L’innovation doit être stimulée et guidée. Plus que la recherche de créativité, on cherche à matérialiser des idées qui ne demandent qu’un coup de pouce pour émerger de nos esprits. On utilise pour y arriver des méthodes de conception de solutions telles que la pensée agile, le lean UX et le design thinking. Elles ne sont pas appliquées de manière systématique et peuvent être combinées ou adaptées en fonction du contexte et du but recherché. L ’agilité sera plutôt axé sur l’idéation et/ou le coaching de groupe, le Lean UX sur l’efficacité et le design thinking pour sortir du cadre et matérialiser des idées en suivant trois phases : inspiration, idéation et prototypage. Ces méthodes s’appliquent aussi bien pour le développement d’un produit que pour l’élaboration d’un organigramme, une prise de décision, une orientation stratégique ou un nouveau business model.

Se transformer commence par un changement d’état d’esprit. Les méthodes de design ne sont que des outils pour faciliter le processus et apporter de la rigueur dans la démarche. Ce sont néanmoins des atouts indéniables pour réussir sa transformation et nous pouvons compter sur les consultants designer pour déplacer nos barrières mentales.

Le numérique déstabilise près d’une entreprise sur deux. Dell EMC veut les aider

Une grande partie des entreprises françaises appréhendent l’avenir. La transformation numérique a bouleversé les certitudes et rendu obsolète des stratégies pourtant bien rigoureuses. La Transformation était au cœur des conversations durant le premier forum « Dell EMC » depuis la fusion des deux acteurs de l’IT. A cette occasion une étude sur « les entreprises à l’ère du digital » a été présentée et permet également d’éclairer les raisons de la fusion.

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Personne n’est épargnée par la déferlante du numérique. On pouvait être dubitatif quand les premières Start up digitales sont apparues, mais aujourd’hui le doute n’est plus permis. Tous les secteurs d’activité peuvent être remis en cause et doivent entamer leur mutation numérique en vue d’améliorer les expériences client et d’offrir des services adaptés aux nouveaux usages auxquelles les startups nous ont habitués. Face à cette déferlante dell-dg-transfonumérique le malaise est palpable. 43% des entreprises françaises n’arrivent plus à se projeter à 3 ans (selon l’étude menée par Vanson Bourne pour Dell EMC) et 48% d’entre elles craignent même de devenir obsolètes d’ici 3 à 5 ans. Les technologiques numériques, et à présent l’Internet des objets, ont clairement chamboulé leurs industries pour 52% d’entre elles. L’adoption du numérique ne s’effectue pas au même rythme selon les secteurs. Les Opérateurs télécom, les sociétés technologiques et les entreprises de média et divertissements ont de par leur nature et leurs appétences technologiques pris les devants assez rapidement.

Les startups considérées comme une menace par 81% des dirigeants français. Les exemples de disruptions de marchés provoquées par Uber et AirBnB ne sont sans doute pas étrangers à ce sentiment. Ces OVNI venus de nulle part ont prouvé que rien n’était désormais acquis. Les entreprises traditionnelles souffrent de leur manque d’agilité pour rivaliser  mais pourtant seul 37% d’entre elles s’associent avec des start up pour adopter un modèle d’innovation ouvert. Par contre pour faire face à la concurrence des start up , deux tiers des entreprises interrogées envisagent d’investir dans leurs infrastructures IT d’ici les trois prochaines années. L’étude à identifier 5 freins qui ralentissent le progrès numérique :

  1. L’insuffisance du budget et des ressources
  2. L’inadéquation des compétences et de l’expertise
  3. Le manque de soutien de la part de l’équipe dirigeante
  4. Un déphasage entre le rythme des innovations technologiques et celui de l’entreprise
  5. La confidentialité des données et les problèmes de sécurité

Les sociétés High tech s’organisent pour accompagner la transformation numérique. Christian Hiller Président Directeur General d’EMC et Anwar Dahab Directeur General de dell-dg-emcDell étaient bien phase pour resituer les raisons de la fusion de Dell et EMC dans ce contexte de transformation numérique. L’étude a bien montré que bon nombre d’entreprises sont désarmées face aux changements apportés par le numérique et ont besoin d’être accompagnées dans leur transformation. C’est l’un des grands objectifs de la fusion Dell EMC : accompagner les clients dans leur transformation. La fusion va offrir à Dell EMC :

  • Des moyens importants en termes humains et financiers pour être capable de proposer des offres couvrant un spectre  large (stockage, serveurs, réseaux et logiciels) avec un niveau de support et de maintenance homogène.
  • Une taille critique pour négocier l’achat des composants de base utilisés dans la conception des équipements d’infrastructure et pouvoir peser sur leur développement et leurs évolutions
  • Une R&D forte qui pourra consacrer environ 4,5 milliards $ d’investissement par an

Selon les dirigeants de Dell EMC, la fusion offre plus de complémentarités que de recouvrements. Ils estiment à seulement 5% du chiffre d’affaire la zone de recouvrement des offres. Par contre les marchés couverts sont extrêmement complémentaires. Dell est historiquement bien positionné sur les PME alors qu’EMC est habitué aux ventes complexes pour des grandes entreprises.

Moins de pression des actionnaires plus d’agilité. N’étant plus en coté en bourse Dell EMC n’est plus soumis à la pression des analystes financiers. La logique boursière peut laisser la place à une stratégie à long terme. Plus besoin de payer des dividendes aux actionnaires ni de racheter des actions pour piloter le prix de l’action. Le temps et l’argent peuvent dorénavant être investis plus efficacement. Dès le premier février 2017 les clients français auront une équipe Dell EMC unique. Les équipes se connaissent bien puisque Dell et EMC ont pendant 10 ans de 2001 à 2012 travaillé en partenariat.

Les chiffres sont extraits d’une étude menée par Vanson Bourne auprès de 4 000 dirigeants et décideurs d’entreprises – depuis les PME jusqu’aux grands groupes – dans 16 pays et 12 industries.