Intelligence collective et Open Data : des solutions pour la COP21

Le changement climatique est un sujet trop sérieux pour le confier uniquement aux spécialistes. Si le monde moderne a contribué au dérèglement climatique, il doit pouvoir nous aider à trouver des solutions. Avec la 21ème conférence des Nations Unies sur le climat (COP 21) organisée en décembre prochain, voici l’occasion rêvée de montrer que la démocratie participative permet d’imaginer des solutions innovantes. Pour mobiliser cette intelligence collective, une démarche d’open innovation (Climate Change Challenge), a été lancée

C3 intro

Des données climatiques, géographiques et énergétiques disponibles en Open Data. L’intelligence collective c’est bien mais, comme le cerveau, elle est efficace si elle dispose de suffisamment d’informations. L’ouverture des données est une des actions-clefs des politiques publiques en matière d’économie numérique. La donnée est devenue la nouvelle matière première de notre monde moderne que des solutions de Big Data et de machine learning s’emploient à transformer en produits, services et nouveaux business models. Les données publiques constituent à elles seules un fort potentiel économique qui justifie l’effort gouvernemental pour les rendre « ouvertes ». L’Etalab dirigé par Henri Verdier a été créé pour faciliter l’accès et le partage à ces données publiques (Open Data) . Depuis sa création, Etalab a permis l’accès à plus de 355 000 informations publiques gratuites et réutilisables mises en ligne sur le portail national data.gouv.fr . Tout citoyen, association ou entreprise peut ainsi utiliser des données en allant sur ce portail. L’ouverture des données publiques encourage la transparence démocratique bien sûr mais permet aussi de développer de nouveaux services au quotidien ou d’essayer de trouver des solutions à des grands problèmes de notre temps comme le changement climatique.

Le Climat Change Challenge C3: Minimiser l’impact du changement climatique.  Avec la publication des plans de réduction des émissions de gaz à effet de serre de 145 pays nous devrions constater une élévation de température d’environ 3°C à la fin du siècle. Pour arriver à l’objectif des 2°C les pays doivent encore faire des efforts. Les démarches comme le Climat Change Challenge C3 sont donc les bienvenues. Cette démarche, appelée également C3, est le fruit de l’association de la Mêlée (Toulouse) avec C3 démarcheses partenaires Météo France, l’IGN, le CNES et Etalab. Le C3 s’inspire des modèles « hackathon » et des « datacamp » et favorise le dialogue et la collaboration pour définir des actions de sensibilisation et créer des solutions innovantes. C’est également l’opportunité d’expérimenter de nouvelles stratégies de mise à disposition de données. Pour le challenge C3 les données sont disponibles sur la plateforme data.gouv.fr .Les participants aux C3 ont pour finalité de mieux comprendre le Changement Climatique, s’y adapter et lutter contre ses impacts. Huit axes de réflexions sont proposés :

  • Pédagogie/sensibilisation
  • Aménagement du territoire
  • Transition énergétique
  • Gestion des ressources
  • Impact sur l’économie
  • Santé
  • Accès à la connaissance et à l’information
  • Biodiversité

Les 3 meilleurs projets présentés à la COP 21.  Commencé en mai 2015 plusieurs évènements se sont déjà tenus à Paris, Toulouse, Lyon, Nantes. Le C3 rentre à présent dans sa dernière phase avec l’Innovation Jam. Les 4 villes sont impliquées simultanément du 6 au 9 novembre pour concevoir des solutions innovantes au défi climatique. Les 3 meilleurs projets, désignés par un jury composé d’experts, de mentors, de professionnels et de citoyens, seront présentés à la 21 ème conférences des Nations Unies sur les changements climatiques COP21.

Une république numérique pour la France

 Le potentiel du numérique en France: 1,5 million d’emplois, une création de valeur de près de 1 000 milliards d’euros d’ici 10 ans et une augmentation du produit intérieur brut de la France de 100 milliards d’euros . Un rendez vous à ne pas manquer.

Lors du « débat d’orientation pour la stratégie numérique pour la France » à l’assemblée nationale le 14 janvier Axelle Lemaire , secrétaire d’État chargée du numérique, a fixé d’emblée la barre très haute en évoquant une République numérique à construire .  Au de-là de la formule c’est bien de croissance et de développement pour la France dont on parle avec à la clé de nombreux emplois et un service aux citoyens amélioré.  Avec une mise en garde tout de même contre une technologie abusive qui va à l’encontre du progrès humain.

L’année 2015 devrait être une année charnière:  En mars la France publiera sa stratégie numérique en trois volets :

  • un projet de loi numérique
  • un plan de mesures concrètes à caractère national
  • un plan stratégique à déployer au niveau européen

Le numérique est en pleine évolution et touche les entreprises, les administrations et les individus. Nous construisons la société de demain pour nous et nos enfants, chacun a donc son mot à dire et peut s’exprimer avec la « concertation numérique » . Le gouvernement compte  beaucoup sur cette concertation numérique, organisée par le Conseil national du numérique CNN et lancée le 4 octobre 2014 par le premier ministre, pour alimenter ses travaux.

Espérons que le monde politique suivra le mouvement car comme le elu face au numeriqueconstatait Pascale Luciani Boyer dans son livre L’élu(e) face au numérique « la grande majorité des élus et des décideurs politiques n’ont pas suffisamment appréhendé les nouvelles attentes des citoyens, l’émergence des politiques d’open data et le renouvellement des modèles économiques ».

La France n’est pas en retard : Contrairement à certaines idées reçues Axelle Lemaire affirme que la France n’est pas en reste sur la question du numérique pour preuve

  •  le dynamisme de l’écosystème des start-up, réunies sous la bannière Frenchtech, et qui s’est fait remarquer par une présence importante et innovante  au Consumer Electronic Show (CES) à Las Vegas
  • Le « e-gouvernement » français  avec ses services publics en ligne qui se classe au quatrième rang mondial.
  • le déploiement des infrastructures de haut et très haut débit qui à l’horizon 2022 couvrira l’ensemble de la population

Les grands thèmes à retenir de la présentation d’Axelle Lemaire:

  • L’économie de la donnée : La donnée et les algorithmes, pour en extraire la valeur et créer de nouveaux services, seront au cœur de l’économie de demain. Former les étudiants aux nouveaux métiers qui en découlent est impératif. Les politiques publiques pourront, elles aussi, gagner en efficacité par l’exploitation des données.
  • l’ouverture des données publiques (open data) : Elle va se poursuivre pour que l’exploitation de cette masse d’informations rendue disponible contribue à l’amélioration des services du quotidien et au développement de l’innovation. A noter la notion de donnée d’intérêt générale qui pourrait être créée et s’appliquerait par exemple aux transports.
  • De nouveaux droits pour les individus doivent être introduits dans le monde numérique. De nombreux exemples de nouveaux droits sont cités par Axelle Lemaire  allant de l’accès facilité au contenu des informations détenues sur soi par des tiers jusqu’à l’amélioration de la vie quotidienne des personnes en situation de handicap (voir également le billet sur le  numérique et le handicap)
  • l’économie du partage : il apparaît clairement que l’économie de partage permet d’améliorer le pouvoir d’achat mais ces nouveaux services doivent être encadrés et être proposés dans le respect de la loi et notamment du droit de la concurrence.

Les grandes lignes sont posées, restent à préciser et décliner les plans d’actions. Attendons, pour en savoir plus, la présentation de la stratégie numérique de la France en conseil des ministres

@ericdebray