La France peut elle faire de ses start-up des licornes

Les start-up françaises se sont faites remarquer au CES de Las Vegas par leur nombre et leur dynamisme. Animées par la French Tech et soutenues par Emmanuel Macron on compte sur elles pour dynamiser notre économie. Ma rencontre avec Eric Burdier, COO et co-fondateur de l’accélérateur Axeleo, m’a donné l’occasion d’approfondir l’écosystème des start-up et le rôle d’un accélérateur pour favoriser la croissance des start-up BtoB .

voeux macron French Tech

Emmanuel Macron veut des licornes françaises En présentant ses vœux à la French Tech le vendredi 29 janvier 2016, Emmanuel Macron a exprimé toute l’ambition qu’il mettait dans les start-up françaises . Un défi réaliste, Criteo et Blablacar ont déjà montré qu’il était possible pour des start-up françaises de franchir le milliard de dollars et devenir ainsi des « licornes ». La France a des atouts pour réussir. Elle possède des technologies de classe mondiale dans des domaines comme les mathématiques, la physique et la médecine. Avec 86 entreprises parmi les 500 plus performantes du classement Fast 500 Europe de Deloitte, la France est le pays qui héberge le plus de startups à forte croissance. Un dynamisme qui explique qu’une société comme Facebook ouvre un centre de recherche d’intelligence artificielle à Paris.

Un écosystème français favorable au développement des start-up. Pour arriver à maturité et se développer ces start-up bénéficient de structures appropriées telles que des incubateurs ou des accélérateurs.

  • Les incubateurs. Arrivés au cours des années 2000, ils sont adossés à des collectivités, à des écoles de commerce ou à des écoles d’ingénieurs et offrent aux start-up un écosystème accueillant qui leur donne le temps d’arriver à maturité et de trouver des applications business. Ils proposent un environnement de travail, du temps et du conseil.
  • Les accélérateurs. Apparus plus récemment ils sont adossés à des entrepreneurs et des fonds d’investissements. Ils se focalisent sur les aspects business des start-up pour accélérer leur développement. Ils s’assurent de la crédibilité de l’équipe, du positionnement et des objectifs pour les préparer au tour d’amorçage avec les investisseurs. L’accélérateur de référence Y Combinator, fondé en 2005 par Paul Graham, a permis l’éclosion de DropBox et d’AirBnb grâce à une capacité de financement très forte et très réactive.

Confrontées à des ruptures de marché provoquées par le numérique, les grandes entreprises développent des démarches de « corporate venture » et participent à l’écosystème des start-up sous la forme d’incubateurs, d’accélérateurs ou d’open innovation. Elles peuvent réaliser ainsi une veille proactive sur les innovations, tester les nouveaux modèles d’affaires et évaluer les technologies de rupture.

La French Tech favorise le développement des accélérateurs. Un terreau favorable à la création de nombreuses start-up est un bon point de départ mais pour gagner le pari économique que rappelait Emmanuel Macron, il faut gagner le pari de la croissance rapide et livrer une course contre la montre. En 2015 la French Tech a donc décidé de favoriser le développement d’accélérateurs de start-up privés en se dotant, à compter du 1er janvier 2015, avec le Fonds French Tech Accélération d’une capacité d’investissement de 200 M€. L’accélérateur Axeleo a été le premier à bénéficier en avril 2015 de l’investissement du Fonds French Tech Acceleration

Axeleo : la croissance d’une start-tup BtoB passe par l’international. Malgré des structures dynamiques et des technologies innovantes de classe mondiale, les start-up françaises peinent à percer à l’international dans le BtoB. Pourtant la croissance d’une start-up ne peut se Eric Burdier V1concrétiser réellement sans ambition internationale. Quant à devenir une licorne, autant l’oublier sans l’international.. Créé en 2013 par Christophe Dumoulin, Laurent Fiard et Eric Burdier, l’accélérateur Axeleo s’est positionné sur les start-up numériques en BtoB avec pour objectif le développement à l’international. Réussir à l’international impose selon Eric Burdier une remise à plat des talents, de l’organisation, du marché et des qualités des membres de la start-up à chaque étape de développement et tout particulièrement après la première levée de fonds. Pour y arriver Axeleo propose un accompagnement de 18 mois avec ses 40 entrepreneurs associés. Une période plutôt longue pour un accélérateur et dans un mode original d’ « entrepreneur en résidence ». Plutôt que d’accueillir les start-up dans les locaux d’Axeleo, ce sont les entrepreneurs associés qui accompagnent les start-up dans leurs activités. Ils apportent un soutien et un coaching opérationnels personnalisés à chaque phase de leur développement. En 2016 ce sont 600 start-up qui seront évaluées pour au final en sélectionner 8 qui bénéficieront d’un programme individuel. Les principaux critères pris en compte portent sur :

  • Projet numérique B to BAxeleo start up
  • Potentiel de développement à l’international
  • Projet à forte valeur ajoutée d’un point de vue technologique
  • Equipe forte
  • Degré d’innovation
  • Apport différentiateur d’Axeleo

En 2015 Axeleo comptait 11 start-up représentant 150 personnes pour un chiffre d’affaires de 8  millions d’euros. En 2016 Axelo estime que le chiffre d’affaire de ces mêmes start-up devrait tripler et les effectifs doubler.

Pour ceux qui s’intéressent au monde des start-up je recommande la lecture du blog d’Axeleo.

Présente au Web Summit de Dublin, la start up Lyonnaise Tilkee augmente l’efficacité des propositions commerciales

Cette semaine le Web Summit de Dublin est l’évènement à ne pas manquer pour les start-up. Dix sept start-up représenteront la France sur le French Tech Pavilion officiel du salon. Coup de projecteur sur Tilkee, une start up Lyonnaise créée fin 2012, spécialisée dans les outils de suivi des propositions commerciales et d’optimisation de la relance client. Rencontre avec Philippe Bruiant, Directeur Commercial, qui m’a présenté le produit démonstration à l’appui.

Tilkee Philippe V1

Augmenter la productivité d’une force de vente tout le monde en rêve. Cette jeune start up accompagnée par l’accélérateur Axeleo a déjà bien commencé. En septembre 2014 elle a annoncé avoir bouclé une levée de fonds de 500.000 euros et elle rencontre déjà un succès certain auprès des entreprises. Rien d’étonnant car elle répond a un besoin récurent partagé par toutes les entreprises : augmenter la productivité des forces de ventes. Dans le cycle d’une vente la proposition commerciale est une étape cruciale qui conduira ou non à réaliser la vente. Travailler à la qualité de cette proposition sur le fond et sur la forme est indispensable mais malheureusement cela ne suffit pas. L’envoi de la proposition doit déclencher un véritable processus de suivi dont pourra dépendre en partie le succès d’une vente. C’est ce qu’a bien compris la société Tilkee qui entend améliorer le suivi des propositions commerciales et optimiser les relances tout en simplifiant la vie des clients

Commencer par simplifier la vie des clients. Avec la prolifération des mails, la restriction des tailles de message dans certaines entreprises et les filtres qui vous classent arbitrairement des mails dans la boîte de Spams, on n’est pas toujours certain qu’une proposition commerciale ait été reçue, ouverte et lue. Pour contourner ces écueils Tilkee génère un lien, à la manière d’un Dropbox, qui informe l’émetteur des que le mail a été ouvert.. En cliquant sur le lien le client accède à un outil convivial de consultation de l’ensemble des documents inclus dans la proposition commerciale. Une manière de valoriser la proposition commerciale en en simplifiant la lecture. Le destinataire de la proposition peut également partager facilement le document avec un collègue en transférant le lien. Le collègue bénéficie alors du même confort de consultation.

Enclencher le suivi commercial dès l’envoi de la proposition. Plus d’un tiers des relances sont inutiles. Elles tombent au mauvais moment ou ne sont pas en phase avec l’attente du client. Tilkee apporte des informations essentielles pour connaitre la vie de la proposition commerciale chez le client. Dès que celui-ci a cliqué sur le lien envoyé par mail, l’émetteur (le commercial) reçoit une notification. Cette notification fournit les principales statistiques de lectures, un conseil d’actions à entreprendre et un accès aux statistiques détaillées. A la manière d’un Google Analytic, le commercial dispose d’un tableau de bord, véritable outil de pilotage de ses propositions. Il sait précisément ce que le client a lu et combien de temps il a passé sur la proposition commerciale. Les relances deviennent plus efficaces. Grace au tableau de bord et aux notifications, le commercial sait ou en est sa proposition et peut relancer son client au meilleur moment de manière appropriée et argumentée.

 Le principe est aussi simple qu’efficace et le logiciel peut être utilisé de manière autonome ou en mode intégré avec des plateformes de CRM comme Sales forces et des messageries comme Gmail et Outlook.

Faire du mass mailing avec Tilkee, c’est possible. Les fonctions de tracking offertes par le produit permettent de l’utiliser dans d’autres domaines tels que le marketing. Les campagnes de mailing sont réalisées sans réellement savoir si les plaquettes ou les présentations commerciales insérées sont lues ou non. En annonçant l’intégration avec Mailchimp (leader sur le marché d’outil de mailing), on peut enfin savoir si les documents joints à la campagne sont lus et comment ils sont lus. On peut ainsi mesurer l’efficacité de la campagne et la pertinence des documents. On s’aperçoit ainsi que souvent 80% des personnes ne vont pas au bout des documents. Ce pose alors la question de réduire la taille du document ou de revoir la structure et le contenu.

Rien de mieux qu’une démonstration pour voir l’efficacité du produit. Souhaitons à Tilkee de nombreux visiteurs sur le French Tech Pavilion au Web Summit de Dublin

 

Le mobile s’expose à Barcelone au #MWC2015 et met la pression sur les infrastructures et les sites web.

Le mobile est un véritable phénomène de société qui participe à notre mode de vie et contribue à de nouveaux modèles économiques. Son développement accroit la pression sur les infrastructures des opérateurs télécom et Google  modifie ses algorithmes en conséquence.

mobile blog V2

Le Mobile World Congress (MWC) se tient du 2 au 5 mars à Barcelone. Un évènement qui attire chaque année des dizaines de milliers de professionnels impatients de voir les dernières innovations en matière de technologies mobiles. La mobilité a créé une véritable MWC2015révolution en libérant l’utilisateur de toute contrainte et en permettant l’émergence de nombreux usages. C’est également un marché prometteur, le Boston Consulting Group estime à 780 milliards de dollars le chiffre d’affaires généré l’an dernier par le secteur dans son ensemble (infrastructures, terminaux, services, applications, etc.). Un chiffre qui devrait doubler d’ici 2017.

Le smartphone : le mobile incontournable.  Le smartphone reste l’équipement dont on nemobiles page web peut pas se passer. Il s’est enrichi de multiples applications qui nous donnent l’accès à de nombreux services. Cette richesse applicative explique que le trafic de données généré par un smartphone soit 37 fois plus élevé que celui d’un téléphone portable basique. En 2019 le trafic des smartphones représentera les trois quarts du trafic de données de tous les équipements mobiles. Mais déjà aujourd’hui 31% des pages web sont accédées au moyen d’un téléphone portable soit une progression de 39%, au détriment des ordinateurs portables, selon Digital, Social & Mobile Worldwide in 2015

SEO: Google favorisera les sites optimisés pour les smartphones . On le sait les smartphones jouent un rôle important durant les achats sur internet, soit pour acheter directement mais très souvent dans le cadre du « web to store ». Le consommateur va chercher à obtenir des informations complémentaires ou comparer des prix lorsqu’il est sur place.  Les sites web doivent prendre en compte cette forte tendance  et adapter leur suite web en conséquence. Google va encore les inciter plus fortement puisqu’il a annoncé tout récemment l’ajout de deux nouveaux critères à son algorithme de classement des pages pour les résultats sur mobiles. Une visibilité plus importante sera ainsi obtenue par les sites considérés « mobile friendly » par Google et le contenu indexé des apps. Ces modifications seront effectives le 21 avril 2015 pour toutes les langues.

Pou vous y préparer Google propose des mobile usability reports et mobile friendly testing tool ainsi que des mobile guidelines.

Les « wearables » véritables phénomènes de société. Ces objets connectés que l’on porte sur soi, génèrent bien sur un trafic de données relativement restreint (6 fois celui d’un téléphone portable base quand même) mais leur nombre explose. On en comptait 109 millions en 2014 et on estime qu’il y en aura 578 millions en 2019. Cette multitude d’objets connectés ce qui représentera près de 10% du trafic global de tous les mobiles. Cette multitude d’objets connectés va transmettre de nombreuses informations et alimenter des Big Data. De nombreux et nouveaux services basés sur l’exploitation des données produites par ces objets connectées data ne vont cesser d’être créés. On imagine aisément des statistiques et des études de santé à très grande échelle quasiment en temps réel.

Les infrastructures devront suivre. Le WIFI, la 3G, la 4G et autres technologies ont rendu possible la mobilité mais ils ont ouvert dans le même temps la boîte de Pandore. Les utilisateurs ont pris goût à tous ces nouveaux usages et tout particulièrement à l’utilisation des vidéos qui ont contribué pour 55% du trafic des mobiles en 2014 et estimé à 72% en 2019.  Les utilisateurs sont du même coup devenu exigeants. La mobilité doit apporter la même qualité que les infrastructures fixes. Les développeurs et les fournisseurs de contenus sont de plus en plus imaginatifs et générateurs de trafic. Les applications sont quant à elles, pour la grande majorité, accessibles dans le cloud. Les opérateurs télécom ont un besoin impératif d’anticiper ces grandes évolutions liées aux mobiles pour dimensionner leurs infrastructures et imaginer leurs modèles économiques en conséquence.

La FrenchTech en force au MWC 2015. Une fois encore la FrenchTech veut démontrer leMWC Frenctech dynamisme de l’entrepreneuriat français avec un des plus importants pavillons natiionaux qui accueillera pas moins de 180 exposants français (10% des exposants) dont 120 startups. La brochure éditée par la FrenchTech spécialement pour l’événement mentionne quelques startups prometteuses telles que Oledcomm 10, Famoco 11, Secure-Ic 12, Bespoon 13, Copsonic 14, Reminiz 15, Think & Go NFC 16, Pradeo 17, Ledger Bitcoin Wallet.

Les chiffres que je mentionne sont tirés de l’étude  Cisco prévisions de trafic des données lié à l’activité des mobiles sur la période 2014-2019 et de Digital, Social & Mobile Worldwide in 2015

 

La France se dote d’une Agence du Numérique

Envisagée par Fleur Pellerin en 2013 puis évoquée par Axelle Lemaire en septembre devant les commissions des affaires économiques et du développement durable du Sénat, l’Agence du numérique a vu le jour cette semaine.

logo Frenctech

 Ce 3 février 2015 l’agence du numérique a été créée:  Le décret de la création de cette agence du numérique a été signé par le premier ministre . Cette agence du numérique est en fait un service à compétence nationale (SCN) qui fait partie du ministère de l’économie, de l’industrie et du numérique
Ce service concerne les projets et les initiatives numériques développés dans les territoires par les collectivités publiques, les associations et les particuliers. L’agence du numérique a pour mission de leurs donner l’impulsion, de les animer et de les accompagner.

Chaque année l’agence du numérique recevra ses objectifs du ministre chargé du numérique, charge à elle de faire les propositions nécessaires pour atteindre ces objectifs

L’Agence du numérique comprend 3 pôles :

  • pilotage et la mise en œuvre du déploiement du plan « France très haut débit ».
  • pilotage et la mise en œuvre des actions du programme « Quartiers numériques », également dénommé « French Tech »
  • Aide à la diffusion des outils numériques et le développement de leur usage auprès de la population

Les missions de ces 3 pôles sont expliquées en détails dans le décret accessible ici.