Avec l’intelligence artificielle, Facebook en sait autant sur vous que votre conjoint.

Impossible d’échapper aux mécanismes de recommandations sur Internet. Tous les sites internet, marchands ou réseaux sociaux, utilisent désormais ces fameuses recommandations censées influencer nos comportements d’achats. Basées sur de l’intelligence artificielle de plus en plus puissante, les recommandations se font plus pertinentes. Dans l’avenir elles pourront tirer profit d’une connaissance précise de notre personnalité comme le montre une étude réalisée à partir de l’analyse des « likes » de Facebook.

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Toute action sur Internet se transforme en données. On s’inquiète à juste titre de l’usage qui est fait de nos données personnelles (voir mon billet sur Safe Harbor). L’annonce par Facebook de « Search FYI » devrait encore attirer notre attention sur la protection de notre vie privée. Avec Search FYI, Facebook peut rechercher des informations dans tous les messages publics publiés par ses membres. Avec le développement de l’intelligence artificielle et l’utilisation du machine learning la valeur des données monte en flèche. Le mot « donnée » est souvent sous-estimé. On comprend bien qu’une photo et un texte postés sur un réseau social sont des données mais on oublie que le simple fait de cliquer sur un « like » devient une donnée aussi importante voire plus. Toute action sur internet laisse une trace numérique qui pourra être exploitée. C’est la base même du marketing digitale qui utilise ces traces numériques laissées sur le parcourt client pour mieux connaitre le consommateur et augmenter l’expérience utilisateur. C’est du donnant donnant : mieux nous sommes connus, mieux nous sommes servis. C’est l’évolution naturelle liée à la transformation numérique.

En analysant les « Likes », Facebook en sait plus sur notre personnalité que nos proches. La personnalité est un concept complexe qui semble difficilement mesurable. Cela touche à des sentiments, des émotions, des valeurs qui nous façonnent et qui nous rendent uniques. On pourrait donc imaginer, voire espérer, que les ordinateurs puissent se montrer impuissants à « quantifier » ce qui nous définit en tant qu’être humain. Pourtant une étude menée par des chercheurs des universités de Cambridge et de Stanford, publiée en janvier 2015, a montré que l’Intelligence Artificielle a le potentiel de mieux nous connaitre que nos proches. Cette étude visait à comparer la précision d’un jugement sur la personnalité réalisé par un ordinateur et des êtres humains. Les chercheurs ont demandé à 86.200 volontaires de leur donner accès à leurs « Likes » sur Facebook et de répondre à un questionnaire de 100 questions sur leur personnalité. Ces données ont été modélisées et le résultat est assez étonnant. On apprend que :

  • Avec l’analyse de 10 likes, Facebook en sait plus sur nous que nos collègues
  • Avec 70 likes Facebook en sait plus que nos amis
  • Avec 150 likes Facebook en sait plus que notre famille
  • Avec 300 likes Facebook en sait plus que notre conjoint

Quand on sait qu’en moyenne un utilisateur Facebook a 227 Likes, on se dit que nous n’avons plus grand choses à cacher.

Partager des émotions comme on partage des photos ou des vidéos. C’est la prochaine étape qu’imagine Mark Zuckerberg dans le futur. Durant une session de questions réponses sur son profile Facebook, le patron de Facebook a expliqué qu’il pensait que nous aurions à l’avenir la possibilité de partager nos expériences émotionnelles rien que par le seul fait d’y penser. La télépathie appliquée aux réseaux sociaux ? En matière d’Intelligence artificielle il devient difficile de faire la différence entre science-fiction et prévision. Quoiqu’il en soit Gartner a rappelé que c’étaient les algorithmes qui donnaient leur valeur aux données. Le progrès de ces algorithmes et leur complexité justifient qu’on s’intéresse à la protection de notre vie privée. Ils deviennent incontournables dans notre vie moderne, il faut en être conscient.

Les acteurs du Web et du Cloud challengent la suprématie des leaders de l’IT

Le cloud et l’open source remettent en cause le leadership des grands acteurs de l’IT. Ceux-ci font face à de nouvelles formes de concurrence, ils doivent repenser leurs modèles économiques, démontrer leur proposition de valeur et rechercher de nouvelles sources de croissance.

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Les acteurs du Web deviennent constructeurs et éditeurs .

Facebook s’attaque cette fois ci aux réseau en annonçant un projet Open source pour développer ses propres équipements réseaux. C’est une nouvelle pierre dans le jardin des constructeurs. Réseaux, serveurs et stockage ne sont plus des domaines réservés. Les grands acteurs du Web comme Google, Facebook ou bien encore Amazon possèdent de gigantesques data centers. L’activité de ces entreprises hors norme repose en grande partie sur la performance de ces data centers dont ils cherchent à maitriser les coûts et la conception.

Google et Yahoo ont créé Hadoop pour améliorer leurs moteurs de recherche et gérer leurs « big data ». Ils ont voulu s’affranchir des contraintes techniques et financières des éditeurs de bases de données relationnelles. Une méthode qui se reproduit de plus en plus fréquemment. On recherche des composants matériels (serveurs, stockage..) entrée de gamme et l’intelligence est déportée dans du logiciel qui est ensuite mis à disposition de communautés opens source. Hadoop par exemple fait l’objets de nombreuses distributions dont les plus connues sont Hortonworks, Cloudera et MapR

Rackspace, associé à la NASA, a produit son propre operating system pour le Cloud qui a donné lieu à OpenStack.

La menace plane sur les éditeurs de logiciel et les constructeurs IT ……

Les besoins d’équipements des grands acteurs du web échappent progressivement aux fournisseurs IT. Les acteurs du Web et les grands opérateurs de Cloud préfèrent de plus en plus souvent investissements IT développer leurs propres équipements et logiciels. Ce sont des sources de profits considérables qui disparaissent des revenus des constructeurs et éditeurs. De clients, les acteurs du web et du cloud deviennent des concurrents en de nombreuses occasions.

Les produits matériels banalisés et le logiciel libre commencent à séduire également  les entreprises à la recherche d’économies. Linux a montré la voie en son temps.  Logiciel libre ne signifie pas pour autant gratuité, ce sont de nouveaux modèles économiques avec des souscriptions. Les utilisateurs doivent veiller au choix de la distribution du logiciel libre choisi, à la vivacité des communautés open source et disposer souvent en interne de ressources compétentes.

Pour lutter contre la « commoditisation » les constructeurs de l’IT doivent avoir une proposition de valeur réelle et tangible:  Ce mouvement impose aux constructeurs de construire une proposition de valeur pour leurs équipements qui soit lisible et réelle. Elle peut porter sur des fonctionnalités techniques différentiantes et/ou sur des gains financiers d’exploitation tangibles.

L’enjeu est de taille : résister pour préserver ces marges aussi longtemps que possible ou adopter le mouvement et le légitimer, accélérant ainsi la chute des marges…. Il faut donc rechercher de nouveaux marchés de rupture ou la valeur est encore à créer et en parallèle alléger les structures d’organisations pour être plus agile et moins coûteux.

Le Cloud crée une nouvelle forme de compétition. Le Cloud gagne du terrain et se mouvement est irréversible. Progressivement les moyens informatiques se déplacent du client final vers les fournisseurs de Cloud. Insidieusement le SaaS a produit ses effets. De nombreux logiciels sont dorénavant dans le cloud et exploitent des infrastructures hébergées par des fournisseurs de Cloud.

Amazon avait trouvé dans le cloud le moyen de rentabiliser ses propres infrastructures informatiques montrant ainsi une nouvelle forme de compétition. Depuis il s’est imposé comme le leader du Cloud et capte une grande partie des investissements informatiques. Le marché du Cloud est à présent établi et les fournisseurs sont pléthore.

Les investissements se déplacent vers ses fournisseurs de Cloud. Les constructeurs et éditeurs essayent de s’adapter à cette nouvelle forme de compétition de différentes manières :

  • Vendre leurs solutions aux fournisseurs de Cloud en se rappelant que les plus gros cherchent à développer leurs propres solutions
  • Bâtir des partenariats avec des fournisseurs de Cloud à base de programmes et de certification (ex Sunguard availability services , cloud market place IBM)
  • Proposer des solutions en mode cloud hébergées dans les data centers du constructeur ou de l’éditeur ( ex Meraki et Webex de Cisco)
  • Devenir un fournisseur de Cloud à part entière ( ex SoftLayer d’IBM , Azure de Microsoft , le cloud public de HP)

Avec comme contrainte supplémentaire pour les éditeurs et les constructeurs de potentiellement rentrer en compétition avec leur réseau de partenaires.

La vie d’un leader n’est décidemment pas de tout repos. Le rythme des évolutions technologiques, la pression économique et l’émergence de nouveaux modèles économiques redistribuent les cartes en permanence. Ils doivent se battent à présent sur plusieurs fronts et avoir à l’œil les startups qui deviendront les leaders de demain.

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