Les développeurs au cœur de l’innovation des entreprises

Avec la frénésie du numérique, l’innovation est devenue plus que jamais un impératif pour les entreprises qui veulent continuer à progresser, voire survivre. L’économie numérique est tout aussi bien l’économie de la donnée que de l’application. Les applications de plus en plus nombreuses rythment la vie et l’activité de l’entreprise. L’innovation est directement liée à la capacité des entreprises à concevoir rapidement de nouvelles applications. De quoi justifier largement la tenue du salon DEVOXX lors duquel j’ai rencontré Michel Lara, architecte chez IBM, avec lequel j’ai pu m’entretenir.

Codeur : métier d’avenir. On a connu la vague d’externalisation des développements d’applications en Inde dans le but de faire baisser les coûts. On pourrait bien assister dorénavant à une relocalisation en France. Le code a le vent en poupe et est désormais synonyme d’innovation non seulement pour les startups mais également pour les grandes entreprises. Les méthodes ont évoluées et sont devenues agiles, les approches DevOps prônent l’intégration continue et le design thinking rapproche le développeur de l’utilisateur. L’expérience utilisateur tant recherchée aujourd’hui repose sur un niveau d’empathie qui impose une proximité physique et culturelle.  Le développeur n’est plus enfermé dans sa tour d’ivoire et collabore d’avantage avec les équipes métiers et de manière plus fréquente. Le développement se veut collaboratif. C’est à la fois le caractère stratégique du développement et cet aspect collaboratif qui expliquent en grande partie  cet engouement pour le métier de développeur en France. Le développement s’est démocratisé, il est devenu plus accessible et plus ludique et la médiatisation de jeunes développeurs ayant revendu une fortune leurs applications suscitent des vocations. Le métier de codeur semble prometteur en termes d’emplois en France dans les années à venir.

Le cloud à la rescousse des développeurs. Les applications sont plus nombreuses et d’ici quelque années l’économie numérique reposera sur près de 1000 milliards d’applications. Les applications sont les nouveaux services de l’entreprise qui doit être capable d’en produire rapidement en nombre et de les faire évoluer fréquemment dans le temps. La notion de micro services et d’APIs (Application Programming Interface) se généralise et permet de simplifier et d’accélérer le processus du développement. Il ne s’agit plus de concevoir une application comme un bloc monolithique mais comme un ensemble de micro services interconnectés. Avec sa plateforme d’innovation Bluemix, IBM a très largement œuvré dans ce sens en proposant de nombreux services dans le cloud à destination des développeurs (blockchain, IoT, cognitif etc..). Les développeurs peuvent appeler ces services grâce à des APIs et s’éviter ainsi des développements lourds et couteux pour des technologies complexes comme la blochain ou le machine learning. Ils peuvent ainsi se consacrer au développement de services métiers. Le cloud a grandement simplifié la vie des développeurs qui désormais ont accès aussi bien à des ressources applicatives que matérielles. IBM n’oublie pas les startups et a annoncé en février l’espace Scale Zone destiné à accompagner des startups confirmées dans le cadre de promotion de 11 startups pendant six mois autour d’une thématique spécifique (IOT pour la première promotion). Ces startups sont hébergées dans les locaux d’IBM à proximité des solutions métiers. L’objectif est d’aider ces startups dans leur phase d’industrialisation en leur donnant accès aux ressources de développement de Bluemix et à l’écosystème IBM.

Blockchain le futur eldorado des développeurs. Ce sont plus de 400 projets blockchain qui sont en court chez IBM au nouveau mondial et qui se justifient généralement autour de trois points : la productivité, la traçabilité et la sécurité. Après avoir mis à disposition des développeurs des services Bluemix avec du code prêt à l’emploi, des APIs et de nombreuses documentations IBM a annoncé en mars le support d’hyperledger fabric (l’initiative de la fondation Linux à laquelle participe IBM) sur les infrastructures IBM. Par la même occasion IBM a levé un frein à l’industrialisation de la Blockchain en étant capable de supporter 15.000 transactions par seconde. La blockchain intéresse de nombreux domaines : traçabilité alimentaire, traçabilité logistique, authentification de contrats ou de diplômes. Les exemples ne manquent pas et tout récemment Natixis, IBM et Trafigura ont mis au point la première solution blockchain (sur la plateforme Bluemix) applicable aux transactions de financement du commerce de pétrole brut aux Etats-Unis (lire le communiqué de presse). La durée du cycle de trésorerie et les frais de gestion de la transaction s’en trouvent considérablement réduits et les transactions offrent une plus grande transparence réduisant de facto les risques de fraude.

Par ailleurs IBM a annoncé le 20 mars 2017 un nouveau service de conteneurs sur Bluemix. Les développeurs pourront ainsi concevoir et gérer des applications plus sécurisées. Ce service s’appuie sur Kubernetes, le système d’orchestration de conteneurs open source utilisant Docker.

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Le PDG d’IBM France explique la stratégie d’IBM avant Business Connect

La succession de nouvelles technologiques qui a pavé l’ère du numérique ouvre  la voie à d’innombrables possibilités d’innovation. Si la transformation de l’entreprise repose sur l’adoption de ces technologies, la réussite est affaire de méthodes et de rapidité. « Il est plus important d’aller vite que de rechercher la perfection ». La recherche de la perfection est désormais un processus itératif qui fait partie intégrante des méthodes de développement comme DevOps. L’enjeu porte sur la réorganisation des entreprises et pour accompagner ses clients IBM exécute une stratégie autour de la technologie et de l’industrialisation. Avant l’évènement Business Connect du 18 octobre 2016 Nicolas Sekkaki PDG d’IBM France nous fait partager sa vision.

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Le cloud et le cognitif piliers de la transformation numérique. Le cloud et le cognitif ne sont pas les seules technologies sur lesquelles travaille IBM mais ce sont sans doute celles qui constituent un socle essentiel pour  que d’autres technologies comme les objets connectées (IoT) ou la blockchain puissent exploiter pleinement leur potentiel. Le cloud d’ IBM dispose de moyens importants. L’offre d’infrastructures as a services Softlayer repose sur  46 centres dans le monde, dont un en France, et garantit ainsi la disponibilité et la performance quoi qu’il arrive. Avec Bluemix , c’est une plateforme d’innovation dans le cloud qu’IBM propose. C’est un moyen de démocratiser l’accès à des technologies complexes. On y trouve de nombreux modules à destination des développeurs d’applications (lire également Rencontre avec Anthony Cirot Directeur Cloud chez IBM France).  Il existe par exemple 32 modules rien que pour Watson, l’offre d’intelligence artificielle d’IBM. Watson est visiblement la technologie de l’avenir pour IBM qui n’a aucune envie de céder la place aux géants du web, eux aussi très actifs sur le sujet. Maitrisant le traitement de langage naturel et l’apprentissage automatique Watson concerne tous les secteurs d’activité mais son champ d’application ne s’arrête pas là. Aux Assises de la sécurité, Nicolas Sekkaki présentait  Watson dans un contexte de cybersécurité.  Le cognitif permet aux mécanismes de défense  d’évoluer grâce un système capable de comprendre et d’apprendre.En ce qui concerne les objets connectés (IoT) IBM continue à avancer ses pions. Ce mois-ci  IBM a annoncé un investissement de 200 millions de dollars, qui font partie d’une enveloppe globale de  3 milliards d’investissement décidé en mars 2015. Dans son siège mondial IoT à Munich, des laboratoires « cognitive IoT collaboratories » vont être créés pour développer des applications conjointement avec les clients. Une manière de démontrer qu’IBM place la technologie au centre de l’expérience client.

L’innovation doit être suivie par l’industrialisation. A l’évidence IBM ne veut pas se contenter d’être un fournisseur technologique. Pour partager son expérience et apporter son aide méthodologie à ses clients IBM a structuré son approche en 4 points

  1. Design thinking. Il s’agit là de se mettre à la place de l’utilisateur pour traduire un parcours client en informatique. Nicolas Sekkaki mentionne l’exemple d’Airbus. En se ibm-design-thinkingmettant à la place du chef d’escale IBM a permis d’aider Airbus à définir des offres de maintenances appropriées, de réaliser une maquette en 10 jours et de fournir une application 2 mois plus trard.
  2. Factories. A Lille IBM France dispose d’une « Factory » de 600 personnes travaillant avec des méthodes agiles et DevOps. Divisée en une factory de développement et une factory de production ce centre permet de livrer une première maquette 10 jours après l’expression des besoins par un client.
  3. Plateformes. Les entreprises doivent exploiter leur legacy (applications et systèmes existants) qui sont un réel patrimoine à condition de les ouvrir et de les sécuriser. Dans le même temps les nouvelles plateformes doivent permettre aux plus grand nombre d’introduire de l’innovation à un coût marginal en utilisant par exemple les possibilités du cloud. Ces plateformes utiliseront de plus en plus de données non structurées créées hors de l’entreprises comme par exemple avec les réseaux sociaux.
  4. Le capital  humain. De plus en plus d’entreprises travaillent avec des startups, elles leur apportent leur créativité et leur agilité. Ce mélange de compétences et de profil est enrichissant mais encore faut-il ensuite être capable de déployer dans une entreprise une solution développée par une startup. On doit définir une trajectoire entre le concept et la déclinaison concrète dans l’entreprise en en mesurant les impacts.

IBM continue à vouloir participer à la transformation de notre monde moderne de manière très concrète. C’est particulièrement le cas dans le domaine médical  avec Watson Oncology qui assiste les cancérologues dans leurs diagnostics grâce à l’apprentissage des données des patients.

Rencontre avec Anthony Cirot Directeur Cloud chez IBM France

L’abondance d’innovations technologiques a créé de nouveaux usages et amené des modèles d’affaires en rupture avec le passé. Dans ce monde en profonde mutation les entreprises n’ont d’autres choix que d’innover rapidement pour maintenir leur positon et continuer à se développer. Le numérique impose une accélération souvent insoutenable pour beaucoup. Dans ce contexte le cloud devient le moteur de l’innovation en facilitant bien entendu l’accès aux ressources informatiques mais surtout en offrant un véritable environnement d’innovation. Rencontre avec Anthony Cirot Directeur du Cloud IBM France à quelques jours de la Cloudweek 2016 à Paris.

Anthony Cirot

Le cloud incontournable pour les développeurs. Le tournoi de Roland-Garros en est un excellent exemple. L’évènement a beau se dérouler sur une courte période il faut néanmoins disposer de ressources puissantes pour développer les applications et fournir en temps réel les statistiques des joueurs qui s’afficheront sur nos écrans. Pour y arriver IBM s’est appuyé sur son offre d’Infrastructure as a service (IaaS) Softlayer et sa plateforme d’innovation Bluemix. Les données du tournoi étaient collectées sur place en temps réel dans un petit data center. Ce dernier formait un cloud hybride avec le cloud Softlayer, lui-même réparti sur quatre plaques géographiques pour assurer une totale résilience. Les développeurs mobilisés pour le tournoi pouvaient faire appel à des services cognitifs dans le cloud et effectuer toutes les opérations sur les applications en temps réel dans l’esprit DevOps.

Bluemix une plateforme pour l’innovation. Anthony Cirot préfère définir Bluemix comme une plateforme d’innovation numérique plutôt que par l’acronyme PaaS (Platform as a Service) qu’il juge réducteur. Avec 140 services Bluemix, il est vrai que l’offre est riche et les développeurs peuvent utiliser une combinaison des technologies informatiques open source les plus en vue pour optimiser leurs applications.

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Au-delà d’une large palette de langages de programmation, de très nombreux domaines son couverts. Cela va de DevOps aux outils cognitifs Waston en passant par la mobilité, le big data ou bien encore l’IoT. On trouve également un service Blockchain en beta. Un client peut étendre les fonctionnalités de ces applications en faisant le choix parmi des services IBM, de tiers et de communauté. Cette plateforme d’innovation se présente sous la forme d’un cloud privé installé chez le client, d’un cloud privé externe ou bien encore d’un cloud public. Bluemix peut compter sur les 25 datacenters d’IBM Softlayer pour répondre à toutes les attentes des clients où qu’ils soient. Pour dynamiser encore l’innovation, IBM dispose aussi de « Bluemix garages » dans différents pays y compris la France à Nice. Ce concept de « garage » propose des services de conseils et développement d’application sur Bluemix avec l’ADN d’une startup. Ces Bluemix garage offrent la possibilité, à des entreprises de toutes tailles, de concevoir et de créer des applications attractives via « le Design Thinking » d’IBM, le démarrage rapide et l’implémentation agile incluant notamment la mise en place de chaînes DevOps pour améliorer la qualité. Les entreprises peuvent ainsi accélérer toutes les phases du cycle de vie de conception, de développement et de distribution des applications.

IBM franchit une nouvelle étape avec des services de vidéo dans le cloud. Le marché et les attentes évoluent rapidement au gré de l’adoption des nouveaux usages comme en IBM Rolland garrostémoignent les acquisitions d’IBM totalement intégrées dans sa stratégie Cloud. Après l’achat de Softlayer en 2013 pour construire l’offre IaaS, IBM a entamé un processus d’acquisitions pour adapter et enrichir son offre. En janvier 2014 c’était Aspera pour accélérer le transfert massif et sécurisé de fichiers sur de longues distances. En novembre 2015 Cleversafe apportait le stockage objet au cloud IBM. Avec le développement de la vidéo, qui devrait représenter près de 80% du trafic internet en 2020, on ne s’étonnera pas de voir IBM s’emparer du sujet. En décembre 2015 IBM faisait l’acquisition de la société Clearleap pour offrir aux entreprises des services de vidéo à la demande en mode Software as a services SaaS. Peu de temps après, en janvier 2016, c’est au tour de la société Ustream d’intégrer l’offre Cloud d’IBM pour proposer du vidéo streaming pour diffuser aussi bien la séance plénière d’une entreprise n direct qu’un concert musical. L’arrivée de ce type de solutions vidéo dans le cloud aura sans doute un impact sur la chaîne de valeur et sur l’écosystème de la vidéo.

IBM collabore avec VMware dans le cloud. (lire l’annonce) IBM et VMware ont conçu une architecture qui permettra aux clients de provisionner automatiquement dans le cloud IBM Softlayer des environnements VMware SDDC (Software Defined DataCenter) composés de VMware vSphere, NSX et Virtual SAN.IBM vmare Une collaboration qui a du sens quand on sait que près de 100% des clients Fortune 1000 utilisent des technologies VMware. Les clients VMware pourront étendre facilement leurs workloads existants depuis leur datacenter vers le Cloud. De son côté VMware a étendu les fonctions de ses outils d’administration vRealize Automation et vCenter pour déployer et gérer des environnements dans les cloud IBM de la même manière que s’ils étaient dans le datacenter du client.

Les services dans le cloud ne cessent de s’enrichir. Le vieux débat sur le prix d’une VM dans le cloud semble dépassé. L’enjeu se situe d’avantage sur la rapidité et la qualité du développement d’applications qui permettront aux entreprises d’innover et de progresser.