L’urgence est à la modernisation des datacenters

Poussée par la vague du numérique, les Datacenters n’ont pas d’autres choix que de se moderniser. A l’horizon 2020 ce sont 7 milliards de personnes et 30 milliards d’objets qui seront connectés et qui participeront à la création des 44 Zettabytes de données prévues en 2020. Les datacenters vont devoir démontrer leur capacité à absorber cette explosion de données et à les traiter de manière efficace. En réunissant clients et partenaires à Las Vegas pour EMC World 2016, en présence de Michael Dell et de Joe Tucci, EMC entend faciliter la voie de cette modernisation à ses clients.

EMC 2

« C’est le commencement de quelque chose de grand » c’est ainsi que Joe Tucci, à la tête de EMC depuis 15 ans, a ouvert la session plénière en évoquant l’acquisition Dell/EMC . Michael Dell,  a son tour sur scène avec Joe Tucci , a rappelé les incroyables progrès technologiques réalisés ces 15 dernières années, tout a été multiplié par 1000 et ce sera encore le cas les 15 prochaines années. Selon lui  « les prochaines applications seront nativement dans le cloud et utiliseront le modèle DevOps ». Et pour Clore son intervention Michael Dell a annoncé que la nouvelle compagnie, quand l’achat sera effectif, prendra le nom de « Dell Technologies ».

Le Datacenter pris en tenaille entre les applications nouvelles et traditionnelles . Ces quinze dernières années les datacenters se sont structurés autour des grands logiciels applicatifs qui automatisaient les fonctions principales de l’entreprise et en constituaient la colonne vertébrale. On choisissait d’abord les logiciels puis ensuite les infrastructures matérielles en suivant les préconisations des éditeurs pour fournir le niveau de service adapté. Cette méthode a contribué à bâtir des silos au sein de la direction informatique avec souvent une grande diversité dans les choix d’architectures technologiques. Les quinze prochaines années les applications ne se contenteront plus de supporter l’activité de l’entreprise mais vont transformer le business notamment avec les applications mobiles. La grande majorité de cette nouvelle génération d’applications sont et seront développées nativement pour le cloud en appliquant les principes de DevOps. On développe l’application et ensuite on vient consommer des ressources d’infrastructures standardisées. Toutes ces nouvelles applications sont directement impactées par la transformation numérique qui constitue la troisième plateforme définie par IDC dont le socle est constitué du Big Data, de la mobilité, du cloud et des réseaux sociaux.

Moderniser sans compromis le Datacenter c’est possible. L’enjeu des datacenters selon EMC consiste à les moderniser en tenant compte à la fois des applications dites traditionnelles et des nouvelles applications. Pour aider les clients dans cette démarche, EMC conjugue la Feration newpuissance de ses sociétés qui a produit des solutions concrètes. Si en 2015 on pouvait s’interroger sur le sens à donner à cette Fédération, cette année le doute n’est plus permis, démonstrations à l’appui pendant l’EMC World. L’action combinée de ces sociétés, qui se renforcera avec l’offre de Dell une fois l’acquisition réalisée, ne se réduit pas à une stratégie marketing ou à une synergie commerciale. Elle combine les technologies de ses membres  (EMC II, Pivotal, VMware, Virtustream, RSA, VCE) pour offrir un large spectre de réponses adaptées aux différentes facettes de la modernisation d’un datacenter que ce soit sous l’angle des applications traditionnelles ou sous celui des nouvelles. Cette approche est parfaitement illustrée dans le cas du cloud en intégrant l’aspect hybride ou bien encore avec la déclinaison de la plateforme  convergée VxRAck qui peut être personnalisée pour l’hyper convergence, le cloud, le big data ou Openstack.

L’union fait la force. L’offre est riche et s’articule pour offrir les caractéristiques essentielles que doit posséder un Datacenter moderne :

modern DC

  • Performance du Flash. Le Flash va devenir le média de prédilection pour stocker l’information. Sa performance est adaptée aux besoins des nouvelles applications et les évolutions récentes l’ont rendu économiquement intéressant pour les applications traditionnelles.
  • Evolutivité Scale out. Pour de nombreuses applications du datacenter moderne, l’architecture sera de nature scale out. L’explosion des données et leur importance dans une économie centrée sur la donnée impose de disposer d’architectures qui s’adaptent de manière fluide et modulaire à cet afflux de données massives. C’est dans ce sens que les architectures scale out (ajout de nœuds) se montrent plus efficaces que les infrastructures scale up (ajout de composant dans un même système)
  • Agilité du Software Defined. La définition des ressources informatiques par logiciels devraient séduire de plus en plus d’entreprises. Utiliser de matériel “commoditisé” (simple et peu coûteux) donne la possibilité de traiter des données massives de manière économique. C’est un impératif car si les données sont multiplié par 1000 c’est loin d’être le cas pour les budgets. Le Software Defined est également le moyen de gagner en agilité en automatisant les configurations et le déploiement des services IT.
  • Ouverture sur le Cloud. Les infrastructures des datacenters (on premise) doivent être impérativement ouvertes sur le Cloud. Elles peuvent ainsi bénéficier du cloud public sans créer de rupture.
  • Haut niveau de confiance. Les considérations précédentes ne sont réellement opérationnelles que  si elles sont pas pensées dans une logique de sécurité et de disponibilité pour garantir un haut niveau de service au application et l’assurance que les données sont protégées et leur intégrité garantie.

Chaque entreprise pourra mettre en œuvre et ajuster ces caractéristiques en fonction de sa taille, de son existant, de sa stratégie d’évolution et de ses exigences. Il n’y a pas une solution unique qui réponde aux particularités de tous les datacenters et de toutes les applications. On le voit avec l’hyper convergence ou selon le nombre de nœuds à gérer et la croissance envisagées on se tournera vers des solutions VxRail ou VxRAck embarquant du VSAN pour des configurations petites ou moyennes et vers du VxRak avec ScaleIO pour de « l’hyperscalabilté ».

Des annonces pour accompagner la modernisation des Datacenters. En début EMC annonces 2 maid’année EMC a déjà fait de nombreuses annonces avec Isilon 8.0, ScaleIO 2.0, ECS 2.2 (Elastic Cloud Storage), les VMAX Full Flash … Ces journées à EMC World vont en ajouter de nouvelles avec comme objectif pour  EMC de toujours coller au plus près des exigences du datacenter moderne. Je vous invite à visiter les blogs EMC pour plus de  détails.

 

Aller chercher la croissance en Amérique du Nord ….

La croissance il faut savoir aller la chercher. Que l’on soit une moyenne entreprise, une entreprise bien établie ou une jeune startup pleine de rêves, la croissance est essentielle à la pérennité. L’époque ne pardonne pas l’immobilisme et condamne les entreprises à rechercher continuellement de nouveaux marchés et de nouveaux débouchés. C’est particulièrement vrai dans la nouvelle économie numérique. A peine lancée la startup fière de son innovation doit très vite asseoir son assise, gagner rapidement de nombreux clients et innover de nouveaux pour ne pas être à son tour challengé par de nouveaux entrants. Dans ce contexte le déploiement à l’international représente pour beaucoup une obligation.

The reflection of Toronto skyline at dusk in Ontario, Canada.

Le rêve d’expansion impose de s’y préparer. L’enjeu n’est pas de quitter la France mais bien de s’étendre sur d’autres marchés avec souvent comme première étape l’Amérique du Nord. Le rêve américain peut cependant se révéler plus risqué que prévu et se transformer en cauchemar pour avoir négligé les embûches. Les célèbres réussites masquent une réalité plus compliquée. Entre besoin de croissance et ressources contraintes, le choix de l’export est souvent difficile. Dans un précédent billet j’expliquai comment la région Ile de France facilitait l’implantation d’entreprises étrangères. Dans l’autre sens on trouve des français qui souhaitent simplifier et accélérer le déploiement des entreprises françaises à l’étranger et tout particulièrement au Canada. C’est le cas de Jérôme Le dall, président d’Acacia Partners, que j’ai rencontré lors d’une de ses visites à Paris.

Toronto : une rampe de lancement pour les entreprises françaises en Amérique du Nord. Jérôme est convaincu que les nouvelles technologies sont des gisements de croissance. Big data, mobilité, cloud, IoT sont en plein développement et requièrent de nouveaux canaux etJ Le Dall 2 de nouveaux partenariats. L’objectif de Jerome est de créer pour les entreprises intéressées par ces technologies un contexte favorable pour un développement aux Etats Unis en se servant de la ville de Toronto comme « hub » pour l’Amérique du nord. Pourquoi Toronto ? Les arguments ne manquent pas à commencer par un environnement multiculturel accueillant ou bon nombre d’activités se fait en anglais et en français. On ne le sait pas toujours mais Toronto est la 4e plus grande ville en Amérique  du Nord après New York, Los Angeles et Mexico et elle est au centre de la zone économique la plus active au monde (triangle New York, Chicago, Montréal). Près de 15.000 entreprises technologiques sont concentrées dans le Census Metropolitan Area (CMA) et emploient 160.000 personnes. Ce hub technologique héberge 35% des entreprises technologiques du pays et en fait le centre technologique de recherche et développement du Canada. Pour démarrer une activité commerciale avec un minimum de risque Toronto semble l’endroit rêvé à en croire le journal Fortune qui classe la ville comme la plus sure de ce point de vue. Un taux de change favorable comparé aux autres villes de l’Amérique du nord (New York, San Francisco, Seattle, Vancouver, Chicago) renforce son attrait économique.

Le déploiement à l’étranger est souvent une découverte et une aventure. Jérôme Le Dall organise souvent des voyages d’études à Toronto. Il considère que c’est un préalable pour démarrer un projet d’export sur de bonnes bases à condition d’avoir été préparé et de disposer des bons contacts sur place. Des français installés à Toronto peuvent être un réel atout en partageant leurs connaissances de l’environnement économique et leurs réseaux. Les attentes sont variées : recherche de réseau de distribution, prospection de clients nord-américains, partenariats technologiques. Comme souvent le tissu relationnel local peut faire gagner beaucoup de temps. Pendant ce voyage les premières opportunités et des partenaires potentiels sont identifiés. Reste ensuite à s’implanter localement en fonction de ses ressources et de ses finances. Acacia Partners simplifie l’hébergement en proposant des espaces bureaux partagés ou privés. Employés ou VIE (Volontariat International en Entreprise) pourront travailler au sein d’une communauté française qui facilitera la transition si nécessaire. Acacia Partners a signé un accord avec la CCI française au Canada installée à Montréal pour développer le business des entreprises françaises dans le Canada anglophone. Depuis 2013 le Canada dispose également d’un « Startup Visa program »  pour attirer des startup étrangères au Canada.

Plus que jamais nos entreprises doivent être ouvertes pour s’adapter aux changements (lire « au secours Darwin le monde est devenu numérique »). Cela passe également par des échanges avec d’autres pays, d’autres cultures, d’autres points de vue qui permettent de progresser et de s’améliorer. Promouvoir nos valeurs et nos réussites et apprendre aux contacts des autres ne sont pas incompatibles.

Pour plus d’info sur le business à Toronto contacter info@acaciapartners.ca

Photo de Toronto utilisée avec l’accord d’Acacia Partners

Plus d’emplois dans le numérique en Ile de France grâce à l’attractivité de la région

La création d’emplois dépend du développement économique de la France. En bouleversant l’économie, le numérique est devenu incontournable dans ce développement et représente un enjeu majeur pour le pays et ses entreprises. Pour attirer des acteurs du numérique, la France possède de nombreux atouts qui devraient accroitre son attractivité mais là, comme ailleurs, la compétition est rude. La France et ses régions doivent monter au créneau pour inciter les sociétés étrangères à s’installer en France. En Ile de France, au sein de « Paris Region Entreprises », Cécile Delépine s’attèle avec passion à cette mission

C Delepine Blog

Paris Region Entreprises (PRE) : contribuer au développement économique de l’Ile de France.  De nombreux acteurs économiques travaillent au développement économique de la France que ce soit au niveau national ou régional. Chaque région met en place des structures pour accélérer et faciliter ce développement. En Ile de France  « Paris Region Entreprises » est l’agence de développement économique de la région avec pour mission:

  • Attirer et implanter en Île-de-France les entreprises étrangères à potentiel de croissance et d’emplois ;
  • Accompagner les entreprises franciliennes dans leur développement économique ;
  • Fédérer les acteurs et les écosystèmes.

La création d’emploi dépend pour une part de la capacité de la France à attirer des entreprises étrangères pour qu’elles s’implantent et se développent sur le territoire. La région Ile de France possèdent de nombreux atouts encore faut-il qu’ils soient connus et reconnus à l’extérieur de la France. Sur ce terrain comme ailleurs, il y a compétition entre les pays pour faire valoir leurs avantages. Au sein de PRE, la direction de la promotion et de la prospection internationale est organisée par filières. L’une d’entre elles concerne les technologies numériques.

Une filière dédiée aux technologies du numérique pour l’Ile de France. Depuis 2011 Cécile Delépine s’occupe de la filière « logiciels d’entreprises » et plus spécifiquement sur le cloud, le Big Data, les plateformes IoT, le machine learning, les smart machines, l’open source et la cyber-sécurité. Une fonction clé qui demande de l’engagement et de la polyvalence dans une époque où le numérique est perçu comme un enjeu majeur pour les entreprises et l’économie. Pour qu’une société étrangère crée des emplois en Ile de France, Cécile doit les identifier, les attirer en Ile de France et les accompagner dans leur développement.

1-      Identifier à l’international les sociétés à fort potentiel : Son rôle consiste tout d’abord à analyser les bassins d’innovation à l’international. Comprendre ou se crée l’innovation et quelles sont les sociétés à forte croissance capables de créer de l’emploi. Cécile se livre à un véritable travail d’analyste. Elle scrute les études et les rapports, participe aux conférences et surveille ce que font les autres pays européens en matière d’attractivité dans le numérique. Il lui faut à la fois de la méthode et de la rigueur mais également de l’intuition pour déceler les tendances et les sociétés qu’elle va cibler. Elle doit vérifier que le potentiel d’innovation et de développement des sociétés identifiées soit en phase avec la maturité et les capacités du marché francilien. Il faut également s’assurer que sur le domaine concerné il y ait de la place pour un nouvel acteur.

2-      Attirer les sociétés étrangères. Après le métier d’analyste, Cécile endosse le métier de commerciale. Son « produit » c’est la région Ile de France et pour le vendre elle doit aller à la rencontre de ses prospects. Elle peut s’appuyer en partie sur les bureaux étrangers à San Francisco, Boston, Shanghai et Tel Aviv. Elle accomplit des missions ciblées à l’étranger pour rencontrer ces sociétés dans leurs locaux quand elle a réussi à obtenir un rendez-vous. Sinon elle prend des contacts dans les salons et les conférences pour provoquer les rencontres. Elle n’hésite pas à monter sur scène pour prendre la parole, comme elle le fera au mois d’Avril à Londres pendant le Cloud Expo, et s’exprimer sur «  Why is the Paris Region good for DataCenter development and Cloud technologies’ adoption ? ».  La région Ile de France a de bons arguments, elle en est convaincue et elle le fait savoir:

  • 3ème plus forte concentration au monde des entreprises Fortune 500.  La Région Ile de France est la première en Europe devant Londres. Tous les grands groupes et tous les secteurs d’activité y sont représentés.
  • La région francilienne possède les compétences clés du numérique. La qualité des écoles d’ingénieur et l’excellence française dans des domaines comme les mathématiques sont reconnues. Facebook ne s’y est d’ailleurs pas trompée en ouvrant un centre de recherche à Paris pour l’intelligence artificielle.
  • Un environnement stimulant pour l’innovation. Les pôles de compétitivité, Cap Digital et Systematic dédiés à la transformation et l’innovation numériques agissent comme des catalyseurs de créativité et d’innovation et ambitionnent de faire de la région Ile de France l’une de références mondiales du numérique. Paris R&DLes sociétés étrangères s’implantant en France pourront bénéficier de cet environnement dynamique pour se développer.

3-      Accompagner les sociétés dans leur développement. Le succès n’est au rendez-vous que si les sociétés réussissent leur développement et créent de l’emploi en Ile de France.  A ce stade Cécile devient « Business Developer ».  Rapidement la société doit identifier son écosystème, bâtir son canal de vente et établir des partenariats. Créer le cadre favorable aux rencontres et aux échanges font partie des missions de Cécile. Elle travaille par exemple avec EuroCloud à la préparation d’un évènement pendant la CloudWeek à Paris début Juillet pour réunir des sociétés étrangères et des sociétés françaises (Intégrateurs, Fournisseur de Cloud, Directeurs informatiques etc..).

Cécile garde toujours en tête l’objectif de sa mission : créer des emplois. Elle suit d’ailleurs avec intérêt les chiffres du Financial Times sur les Foreign Direct Investments ou FDI pour ajuster ses axes de travail avec la réalité des implantations, le montant des investissements et le nombre d’emplois créés. Avec une telle ambassadrice on est sûr que les atouts de la région sont présentés avec brio.

Pour en savoir plus je vous conseille la lecture de l’édition 2016 des Paris Region Key Figures qui présente les chiffres clés de l’économie francilienne (en anglais uniquement).

Avec l’intelligence artificielle l’homme se lance un défi à lui même

L’affrontement entre AlphaGo et le champion mondial du jeu de go a mis en lumière les technologies d’intelligence artificielle et tout particulièrement le Deep Learning. La victoire de la machine sur l’homme semble étonner. Pourtant il y a longtemps que l’homme construit des machines qui lui servent à décupler ses capacités physiques et intellectuelles et personne ne s’étonne qu’on ne puisse pas courir plus vite qu’une voiture ou calculer plus vite qu’une calculatrice.

IA le match

L’intelligence artificielle est déjà partout. La médiatisation du deep learning autour de cette compétition de jeu de go ne doit pas nous faire oublier que ces systèmes d’auto apprentissage (machine learning), dont le deep learning est un des aspects les plus poussés, sont déjà très présents dans notre quotidien. Ces derniers temps on a eu tendance à se focaliser sur les robots intelligents qui permettent de matérialiser plus facilement nos craintes et qui nous rappellent bon nombre de films qui en leur temps n’étaient encore que de la science-fiction. Le summum de ces robots prend une forme humaine et apprend à imiter les sentiments jusqu’à donner l’impression de ressentir de l’empathie. Mais il ne faudrait pas que le côté anthropomorphique nous fasse oublier que l’intelligence artificielle s’est déjà installée dans notre vie.

L’intelligence artificielle est avant tout du code informatique et des algorithmes. Ils sont d’autant plus efficaces qu’ils peuvent se nourrir de quantité de données importantes et apprendre par eux même. Cédric Villani, lauréat de la Médaille Fields et brillant mathématicien français, pense d’ailleurs que pour encore longtemps plus il y aura d’intelligence artificielle et plus il y aura besoin de mathématiciens car dans un contexte d’intelligence artificielle les données doivent être modélisées pour être exploitées. L’intelligence artificielle n’est pas nouvelle en soi et le film « Imitation Game » nous a rappelé que dans les années 40 Alan Turing s’y intéressait déjà. Il pensait qu’avec les évolutions technologiques la machine serait un jour capable d’imiter l’intelligence humaine. Les progrès accomplis par les ordinateurs et le stockage ont permis de rendre possible techniquement et financièrement des calculs qui auraient été inenvisageables auparavant. Mais ce n’est qu’au début des années 2010 que le machine learning avec sa capacité d’apprendre par lui même est rentré dans une phase quasi industrielle quand les Géants du numérique s’en sont réellement emparés.

L’intelligence artificielle pour reconstruire la relation client. Concrètement aujourd’hui nous activons des fonctions de machine learning dès que nous effectuons une recherche sur Google ou que nous ouvrons une page Facebook ou Linkedin. Ces réseaux sociaux utilisent généralement le machine learning pour nous proposer le contenu le plus adapté à notre profile et à nos goûts. Chaque fois notre environnement est personnalisé dans son apparence, dans ses suggestions et dans les bannières qui apparaissent sur notre écran. Ces systèmes apprennent de nos comportements  (nos recherches, nos partages, nos likes, nos achats etc..) et agissent en conséquence. L’informatisation a quelque peu déshumanisé les relations entre l’entreprise et le consommateur. On voit bien qu’on cherche aujourd’hui à compenser ce phénomène par un service hyper personnalisé grâce à des moteurs de recommandations basés sur du machine learning. Le but : recréer une nouvelle forme de relation client ou le manque de relation humaine est censé être compensé par un service plus rapide et plus adapté à l’attente du client. Cela commence par des lettres d’information, des bannières, des sites web, des offres promotionnelles personnalisés mais ce ne sont que les premières étapes. Le spécialiste du e-commerce Amazon devrait 30% de ses ventes à l’efficacité de ses algorithmes de recommandations.

Une expérience utilisateur en langage naturel. L’enjeu est bien de créer les conditions d’une conversation écrite ou verbale la plus naturelle possible. Les technologies NLP (Natural Processing Language) ont de beaux jours devant elles.  La reconnaissance de texte, de la voix, de l’image et de la vidéo va prendre de plus en plus d’importance pour rendre l’interaction avec l’utilisateur , et donc l’expérience utilisateur, les plus parfaites possibles. Dans ces domaines de la reconnaissance le machine learning est incontournable pour atteindre de bons résultats. Les « assistants personnels » et les « conciergeries virtuelles » préfigurent cette nouvelle phase. Tous les acteurs du numérique s’y mettent et procèdent à des acquisitions pour bruler les étapes. En octobre 2015 Apple rachète les sociétés VocalIQ  et Perceptio tous deux spécialistes du machine learning. Le premier dans la reconnaissance vocale, le deuxième dans la reconnaissance de photos. En 2014 Google rachète DeepMind qui comme on le sait a mis au point Alphago. Facebook a créé son centre de recherche d’intelligence artificielle FAIR (Facebook Artificial Intelligence Research) avec un centre à Paris annoncé en juin 2015. Quant au géant chinois Baidu il a également son Institut de Deep Learning.

La course aux « assistants personnels numériques ». Chacun le sien. Google avec Google Now, Microsfot avec Cortana, Apple avec Siri, Amazon avec Alexa et Echo et Facebook avec M. Certains sont plus « intelligents » que d’autres mais tous sont appelés à évoluer et à s’améliorer grâce à l’intelligence artificielle . Le leader chinois du search Baidu voudrait faire du téléphone mobile, avec l’aide du deep learning, un véritable assistant personnel qui comprend l’utilisateur et lui fournit des informations utiles et pertinentes. Il faut dire qu’avec l’explosion du téléphone mobile, le deep learning devient particulièrement intéressant pour traiter les photos. Chacune contient des données pertinentes. En décryptant les images on comprend mieux les centres d’intérêts des utilisateurs. Au-delà des « assistants numériques » se profilent toute une kyrielle possible de conseillers virtuels dans tous les secteurs. Dans l‘hôtellerie IBM collabore avec la chaine d’hôtels Hilton pour tester un concierge robot utilisant la technologie watson pour assister le personnel de l’hôtel. Certaines banques commencent à utiliser des robots logiciels (robo-advisors) comme conseillers financiers. Ces conseillers virtuels analysent le profil de l’investisseur et lui propose D es produits financiers correspondant à ses objectifs. On peut s’attendre au développement de ses conseillers virtuels (financiers, juridiques, médicaux)  qui prendront peu à peu de l’autonomie et acquerront l’usage de la parole. Facebook devrait également officialiser en avril son « Bots Store ». Une offre qui donnera la possibilité aux utilisateurs de Messenger de chatter avec des robots logiciels (bots)  conçus par des marques ou des services.

Le Machine Learning se démocratise. N’est pas Google qui veut. Est-ce pour autant que l’intelligence artificielle est réservée aux entreprises avec de gros moyens et de nombreux experts du domaine ? Pas vraiment à en croire les nombreuses offres de machine learning (Amazon Web Services,  Microsoft Azure, SalesForce , IBM et de nombreuses startup..) qui s’appuient sur le cloud pour adresser les entreprises de toutes tailles. HPE s’y est mis à son tour en annonçant le 11 mars  Haven On Demand pour fournir de l’apprentissage machine sous forme de service dans le cloud Microsoft Azure. Tout dernièrement Mastercard a intégré la technologie Watson d’IBM pour offrir des services d’intelligence artificielle aux petits commerçants.

Du téléphone mobile aux voitures autonomes. Avec les objets intelligents, les véhicules intelligents et les villes intelligents nous pouvons nous projeter dans  un monde futur ou nous nous adresserons à notre environnement par la voix voire par la pensée. De la science-fiction sans doute pas car des expériences ont déjà démontré que l’on pouvait commander des chaines de télévision par les ondes du cerveau. Beaucoup de recherche reste encore à faire mais les progrès sont rapides comme dans le cas des voitures autonomes par exemple. Un des problèmes à résoudre concerne la sécurité des piétons. Pour éviter les piétons il faut identifier rapidement l’obstacle et agir tout aussi rapidement. Des systèmes de détection de piétons à base de vidéo sont en cours d’expérimentation et les progrès sont rapides.  Il faut réussir à exécuter toutes les opérations rapidement. En 2015 Google expérimentait des systèmes de computer vision et de deep learning et avait réussi à identifier un piéton en 0,25 sec . Pour que le système soit utilisable dans la vie réelle il faut que la detection s’effectue en 0,07 sec.

La compétition se déplace sur le terrain de l’intelligence artificielle et de la réalité virtuelle. Quasiment tous les secteurs qui s’intéressent aux big data sont concernés par le machines Learning  que ce soit pour l’analyse de sentiments (e-réputation), la détection de fraude, la maintenance préventive, l’analyse de risques bancaires, la reconnaissance du langage, d’image ou de vidéo et bien d’autres encore.  La beauté des innovations technologiques c’est qu’elles s’associent pour créer de nouvelles expériences utilisateurs. L’autre sujet du moment concerne la réalité virtuelle et curieusement des sociétés comme Facebook  qui s’intéressent à l’intelligence artificielle s’intéressent également à la réalité virtuelle. L’avenir nous réserve encore bien des surprises. Par le biais  de l’intelligence artificielle l’homme se lance un défi à lui même.

Pour ceux qui veulent approfondir le fonctionnement d’Alphago de DeepMind je vous conseille la lecture du billet : Google DeepMind’s AlphaGo: How it works

Les agriculteurs apprennent à cultiver les données

Le salon de l’agriculture attire toujours beaucoup du monde. Les plus beaux animaux et les meilleurs produits sont présentés au public qui oublie souvent que le métier d’agriculture est devenu un métier d’experts qui s’appuie sur de nombreuses technologies avec pour mission de nourrir les habitants de la planète et les générations à venir. Une mission qui devra compter sur le numérique pour réussir

renaissance numerique

Comment nourrir 9 milliards d’individus en 2050 ? Une question qui prend une tournure encore plus cruciale pour les pays émergents dont la moitié de la population  travaille bien souvent dans les champs. La productivité agricole ne doit pas cependant se faire au détriment de l’environnement comme dans le passé. L’agriculture et l’élevage seraient responsables de 30 % des gaz à effets de serre. Et comme si les défis de la productivité et de l’environnement ne suffisaient pas il faut y rajouter la rentabilité pour que les agriculteurs puissent vivre décemment de leur travail. La transition numérique pourrait être la solution. Elle s’opère dans le monde agricole avec la collecte et le traitement de la donnée et l’émergence des modes de gouvernance collaboratifs.

L’agriculture est devenue affaire de précision. On optimise et on économise en étudiant simultanément des dizaines de paramètres  (hygrométrie, pH du sol, fertilisation etc ..). Les technologies numériques permettent de collecter et d’analyser ces différents paramètres de plus en plus précisément pour répartir les semences et les intrants. (Les intrants sont les différents produits rajoutés pour améliorer le rendement des cultures et qui ne sont pas naturellement présents dans le sol).

  • Les drones agricoles. La cartographie précise des parcelles permet un meilleur ciblage . On limite ainsi l’utilisation d’intrant à ce qui est réellement nécessaire. Les coûts sont optimisés et l’impact écologique réduit. En équipant les drones de vidéo surveillance et en y associant de l’intelligence artificielle on peut également réaliser une surveillance intelligente capable de suivre la maturité de plantes  et de détecter des nuisibles. Voir la vidéo de démonstration. On trouve également des drones « épouvantail » .
  • Les capteurs pour tous les usages. L’usage des capteurs s’est généralisé. On en trouve pour le sol, pour les véhicules agricoles, pour les plantes et mêmes pour les animaux. Ce sont autant de sources de données qui vont alimenter des applications pour des analyses fines. On peut ainsi réduire l’utilisation d’intrants et augmenter la productivité.
  • Les systèmes d’irrigation connectés : L’eau est une ressource précieuse et souvent rare. En utilisant des systèmes d’irrigation connectés on contrôle l’irrigation et on l’a fait varier selon les conditions météo et l’état du sol. On assure aux cultures la quantité d’eau idéale tout en évitant le gaspillage.
  • Le smartphone agricole. De nombreux logiciels permettent d’assister l’agriculteur dans ses prises de décision en exploitant les données provenant de tous ces capteurs. Avec la généralisation des smartphones, de nombreuses applications se sont développées et font de plus en plus du smartphone un outil de travail pour analyser mais également recueillir des conseils.

Les agriculteurs apprennent à cultiver la donnée. Aux Etats Unis le marché des « Agtech » est en plein essor. Les grands industriels de l’agriculture comme John Derre et Monsanto ont rapidement compris le rôle de la donnée dans l’agriculture numérique. John john deereDeere ne se contente pas d’équiper tous ses véhicules agricoles de capteurs mais il offre également des services de données avec MyJohnDeere.com et Farmsight. Monsanto pour sa part a fait l’acquisition en 2013 de la société Climate Corporate et propose System Fieldscript. Les agriculteurs peuvent avoir ainsi accès à leurs propres données, à celles d’autres agriculteurs et à des sources d’informations externes de météo ou de finances. Ils sont informés et possèdent de précieux outils d’aide à la décision. Google est également entré dans la danse en devenant en mai 2015 l’investisseur principal, au travers de Google Ventures, de Farmers Business Network, une start-up américaine qui édite une plateforme d’information entre les agriculteurs qui acceptent de partager leurs données. La plateforme analyse les informations et propose des diagnostiques.

Dans le domaine agricole  les startups sont une source d’innovation. Le secret des startups repose sur les mêmes ingrédients : l’exploitation des données et la mise en relation. En France nous avons déjà quelques startups qui se sont fait connaitre. En avril 2015  huit startups révélatrices du dynamisme des écosystèmes français étaient réunies  au Ministère de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt. Certaines sont désormais bien connues dans le monde agricole comme :

  • Airinov spécialiste de drones agricoles
  • Weenat pour les capteurs enterrés
  • Biopic avec des capteurs pour le monde animal
  • Miimosa avec une plateforme financement participatif exclusivement dédiée à l’agriculture et à l’alimentation

Le numérique transforme le métier de l’agriculteur et les relations dans l’écosystème. Il permet de nouvelles relations directes entre l’agriculteur et le consommateur et obligera les coopératives à repenser leur rôle pour ne pas se faire ubériser à leur tour.

Pour écrire ce billet j’ai lu de nombreux articles et tout particulièrement le livre blanc « les défis de l’agriculture connectée dans une société numérique » de Renaissance numérique.

La première illustration est tirée du livre blanc de Renaissance numérique, la deuxième de documentation de John Deere.

Numérique  : ces tendances technologiques qui favorisent l’émergence des nouveaux usages . 

Capitalisant sur l’essor d’Internet, le numérique s’est développé par une suite d’innovations technologiques qui continue de s’accélérer. La mobilité, le Cloud, le Big Data, les objets connectés et les réseaux sociaux constituent désormais les fondations du numérique. Ces piliers interagissent pour conjuguer leurs effets et ouvrir la voie à d’autres innovations qui favorisent l’émergence de nouveaux services, de nouveaux acteurs et de nouveaux modèles économiques. Les entreprises doivent relever un véritable défi pour s’adapter à temps et ne pas être ébranlées par les Licornes.

 

L’arrivée du Web en 1989 ouvre la voie aux services en ligne. Le web rencontre un tel succès qu’en 1994 la société Yahoo voit le jour pour faciliter les recherches sur le web. Le web ouvre de nouvelles possibilités de faire du commerce en offrant une alternative aux magasins physiques. Le commerce en ligne ou e-commerce est né. De nouveaux acteurs comme Amazon en 1995 font leur apparition. On observe un des premiers effets du numérique, la dématérialisation. Progressivement Internet se substitue aux réseaux physiques d’agences, de guichets et de magasins puis s’attaque aux produits/supports eux-mêmes (journaux, musique, video ..). Certains secteurs comme la presse et l’industrie du disque ont vécu cette révolution douloureusement.

Dans les années 2000 la mobilité apporte au consommateur une totale autonomie. Le terme numérique est déjà employé dans l’électronique grand public mais c’est en 2008 avec l’arrivée de l’Iphone que l’usage du mot se généralise réellement. Avec le développement des smarphones et des tablettes, le consommateur peut accéder à Internet à tout instant. Il adapte son comportement d’achat en conséquence. Où qu’il soit il peut désormais consulter des offres, les comparer, acheter ou faire des réservations. En 2015 ce sont plus de 25 millions de smartphones qui sont vendus en France et 82,3 % des Français accèdent à internet en situation de mobilité d’après le baromètre trimestriel de la Mobile Marketing Association (MMA). Les smartphones amènent Internet dans les pays ou les réseaux filaires étaient inexistants. On doit compter environ 7 milliards de smartphones dans le monde aujourd’hui. Le taux d’équipement en smartphones et tablettes pousse les entreprises à développer dès 2008 les « applis » mobiles et à adapter leurs sites web au format de ces équipements. L’économie des « apps » se développe enrichissant tablettes et smartphones pour en faire de véritables appareils multiservices. Le « commerce  en ligne » s’étend progressivement aux « services en ligne ». De leur côté les employés, les artisans, les professions libérales équipés de tablettes deviennent plus efficaces et apportent un service amélioré, plus rapide et plus pertinent à leurs clients.

Le cloud démocratise l’accès aux ressources informatiques. Désormais quel que soit sa taille l’entreprise peut disposer d’équipements informatiques et de logiciels adaptés à ses besoins et à ses évolutions. Plus qu’une révolution technique, le cloud est une révolution du mode de consommation. Il n’est plus nécessaire de posséder un centre informatique pour développer son activité, un nouveau mode de consommation des ressources informatiques est né. Les ressources deviennent des services qu’on utilise en fonction de ses besoins. Les PME et les start-up y trouvent des ressources adaptées à leurs budgets et les grandes entreprises y voient le moyen de se libérer des contraintes de gestion d’infrastructures complexes pour consacrer plus de temps à l’innovation. Selon IDC en 2015 près de 30% des dépenses des infrastructures IT ont été réalisées dans le Cloud, soit une croissance de 24,1%.

Le Big Data et l’intelligence artificielle tirent la quintessence des données. Dans le projet loi NOE (Nouvelles Opportunités Economiques) Le ministre de l’économie Emmanuel Macron précise que les données sont la nouvelle ressource de l’économie numérique. Les ordinateurs ont fait de tels progrès que les solutions d’intelligence artificielles (algorithmes, machine learning, deep learning) deviennent efficaces et accessibles économiquement. L’abondance de contenus (texte, image, musique, video) inonde l’internaute au risque de le paralyser si dans ses choix si le machine Learning ne vient pas à son secours par des recommandations et de propositions ciblées en fonction de ses goûts. L’intelligence artificielle et big data sont à présent omniprésents. On fait appel à eux par exemple pour l’analyse prédictive du panier d’achat du consommateur, l’analyse de sentiments, la détection de fraude, l’analyse de risques bancaires ou en encore la reconnaissance du langage ou des visages. Le champ des possibles devient illimité. De nouveaux usages et de nouveaux modèles d’affaires basés sur l’exploitation des données apparaissent. « L’économie de la donnée » fait partie d’une des 9 solutions industrielles identifiées dans la phase 2 du plan pour la « Nouvelle France industrielle » lancée en septembre 2013.  La donnée constitue pour toutes les entreprises quel que soit leur secteur d’activité :

    • une matière première
    • un levier économique
    • un actif stratégique pour l’entreprise.

Les réseaux sociaux réinventent une communication de « l’ immédiateté ». Avec les réseaux sociaux la multitude s’exprime. La communication s’établit directement sans intermédiaires. L’information se consomme dans l’instant sans toujours être assimilée ou vérifiée. Des communautés se créent, des influenceurs apparaissent, des tendances se dessinent sur les réseaux sociaux. Les entreprises n’ont plus le choix, elles doivent être présentes sur les réseaux sociaux à minima pour veiller à leur e-reputation mais de plus en plus pour établir une nouvelle forme de communication pour la marque. Certaines vont plus loin, elles commencent à comprendre que les réseaux sociaux contiennent des mines d’informations et constituent des panels grandeur nature sur l’actualité et les tendances que l’on peut exploiter efficacement par le big data et l’intelligence artificielle.

Les objets connectés : une nouvelle vision de la société et du paysage industriel . L’internet des objets représente une opportunité économique pour l’Europe de 1000 milliards d’euros d’ici à 2020 selon le cabinet ATKearney qui souligne l’effet levier de l’internet des objets. Grace à des capteurs et des algorithmes sophistiqués les objets et les équipements collectent des informations, les analyses et communiquent entre eux. C’est une révolution qui touche l’individu, l’habitat, les véhicules, les transports, l’industrie, l’usine, la ville et plus globalement la société. Les technologies de cloud, de big data et de machine learning collaborent avec l’IoT (Internet of things) pour créer les nouveaux usages et optimiser les processus existants. Les chaines de logistiques sont optimisées, la maintenance des équipements (aéronautique, ferroviaire, automobile etc..) devient prédictive et l’agriculture augmente sa productivité. Les secteurs traditionnels cherchent à créer de nouveaux services basés sur ces objets connectés. Certains assureurs proposent déjà des contrats basés sur la conduite des assurés grâce à des boitiers intelligents dans les voitures ou font de la prévention de santé avec des bracelets connectés. Avec les objets communicants, Internet a bouclé la boucle : Tout et tout le monde communiquent.

Le numérique: un défi permanent à relever. Les innovations continuent : impression 3D, Drones etc… Il est important d’en mesurer les effets sur les processus existants. En novembre 2009, dans un rapport intitulé « La nouvelle grammaire du succès : La transformation numérique de l’économie française » Philippe Lemoine identifie les effets du numérique sur l’économie : l’automatisation – la dématérialisation – la désintermédiation/ré-intermédiation. 8 effets de la transformation numérique V2Maitriser les nouvelles technologies, repenser les usages, refonder l’organisation…La transformation numérique est un projet complexe pour les entreprises. Elles n’ont cependant pas le choix, les GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon) et autres NATU (Netflix, AirBnB, Tesla, Uber) ont ébranlé l’économie traditionnelle et fait des émules. En un an nous sommes passés de 40 Licornes (startup ayant franchi le milliard de $) à 130. Elles ne souffrent d’aucune contrainte et débordent d’imagination. Les entreprises semblent avoir mesuré le risque et n’hésitent plus à s’allier avec des startup, voire à favoriser leur émergence via des incubateurs, pour gagner en agilité et en innovation. Le Conseil national du numérique, dans son rapport de janvier 2016 intitulé « Les nouvelles trajectoires » , affirme que la période que nous traversons est celle d’une évolution systémique, exceptionnelle et rarement connue dans l’histoire de l’humanité. Une raison de plus de s’adapter rapidement.

Le marketing en quête d’efficacité

La donnée et le marketing ont toujours été de bons amis. Connaitre le client et tenter d’influencer ses intentions d’achat sont dans les gènes du marketing. Alors pourquoi tant d’emphase autour de ce fameux big data et du machine Learning ?  La concurrence est devenue globale et protéiforme. Le consommateur, désormais averti, est face à un large spectre d’offres et de canaux d’achat. Le marketing n’a d’autres choix que d’augmenter son efficacité en apprenant l’art d’exploiter la multitude de données issue de l’univers numérique.

Le marketing en quête d’efficacité. Le contexte commercial évolue rapidement et nécessite de la part du marketing d’augmenter constamment son efficacité. Avec internet et les smartphones les consommateurs ont gagné en mobilité et en autonomie. Les termes « parcours client » résument bien les nombreuses possibilités dont dispose le consommateur pour se renseigner, échanger, comparer et acheter pour au final obtenir le meilleur rapport qualité prix. Il n’hésite pas non plus à mettre les offres traditionnelles en concurrence avec les barbares du web qui bousculent l’ordre établi avec de nouveaux modèles d’affaires particulièrement attrayants. Le numérique change la donne et accélère les transformations. Les entreprises traditionnelles tout comme les nouvelles issues du numérique doivent constamment rechercher plus d’efficacité accentuant la pression sur le marketing et mettant à l’épreuve son agilité.

Satisfaire un consommateur de plus en plus exigeant. Aucune entreprise ne peut rester attentiste sur un marché en ébullition. Le client veut désormais un marketing individualisé qui lui propose des offres personnalisées adaptées à ses besoins financiers et à ses goûts. Quel que soit le canal utilisé il veut être reconnu comme client et traité comme tel. L’incohérence ou le manque de fluidité sur son parcours client peut vite le détourner d’une entreprise. Le consommateur maitrise également les nouveaux modes de communication sur les forums et les réseaux sociaux pour recommander un produit, s’il en est satisfait, ou bien faire part de son mécontentement dans le cas contraire. Le consommateur est rentré dans l’ère du numérique bien avant les entreprises. Pour le satisfaire et répondre aux objectifs de l’entreprise le marketing devient digital et doit exploiter au mieux les données, aussi bien internes à l’entreprise qu’externes. La marketing peut ainsi

  • Augmenter la connaissance client (vision 360)
  • Suivre et analyser les tendances de marché
  • Affiner la segmentation
  • Améliorer le ciblage les campagnes
  • Devancer les attentes par de l’analyse prédictive
  • Personnaliser les offres et les programmes en fonction du contexte
  • Adapter ses tarifs de manière dynamique
  • Maitriser l’attrition des clients
  • Surveiller la réputation de l’entreprise
  • Offrir de nouveaux services
  • Enrichir l’expérience client

Vers une démocratisation des solutions de big data. Extraire la valeur de la donnée brute est un processus complexe qui se heurtait à des problèmes techniques et financiers. Là encore le contexte a changé. D’un point de vue financier il suffit de voir les capacités de stockage dont nous disposons sur un ordinateur familial pour s’apercevoir que les coûts ont suffisamment baissé pour envisager de stocker d’importants volumes de données. La puissance de traitement des serveurs d’aujourd’hui rendent possible l’exécution d’algorithmes complexes et de technologies de machine learning en des temps extrêmes rapides. L’écosystème du big data s’est étoffé en conséquence pour adresser toutes les étapes de la transformation de la donnée à commencer par la collecte, le stockage, le traitement et la visualisation. Le Cloud contribue à démocratiser l’adoption du big data en proposant les infrastructures appropriées au besoin et à l’évolution de chaque entreprise. De nombreux éditeurs commencent à offrir des solutions de Big Data prêtes à l’emploi en mode SaaS palliant au manque de compétences spécialisées et à la nécessité de s’équiper en matériel couteux. Les offreurs de Cloud comme Amazon, Microsoft ou IBM ont aujourd’hui leur offre de Machine Learning dans le cloud .Les sociétés de services s’organisent en conséquence et mettent en place des départements composés d’analystes de données et de datascientists. De nouvelles sociétés de conseil font de l’analyse de la donnée leur cœur de métier.

Une approche pragmatique pour commencer : La donnée est le nouvel or noir, les solutions deviennent abordables, reste à franchir le pas. L’écosystème du big data pour le marketing reste encore complexe et entre le cas d’usage et les briques à assembler pour la solution, le trajet est semé d’embuches. Inutile de vouloir faire le big bang, le pragmatisme doit primer et commence par le choix d’un cas d’usage, un domaine dont l’amélioration peut être déterminante et probante. Il faut ensuite tester la solution et mesurer les effets. Se faire accompagner peut se révéler indispensable et l’expérience montre que la majorité des entreprises en fonction de leur taille et de leurs enjeux nouent des formes de partenariats avec des sociétés de services, des éditeurs ou des startups spécialisées.