L’intelligence artificielle, une imitatrice de génie

A en croire certains analystes la vie ne serait qu’une combinaison d’algorithmes. Partant de ce principe et confiant dans une technologie sans limite on imagine donc que l’intelligence artificielle (IA) dépassera un jour (qu’on appelle singularité technologique) les capacités humaines. Si cela est vrai reste à préciser à quel horizon car même si l’IA progresse de plus en plus rapidement, elle encore loin d’égaler la sophistication d’un cerveau humain. Il n’en demeure pas moins que sans verser dans le catastrophisme il est important d’anticiper les changements que l’IA nous prépare.

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L’IA moins intelligente que l’homme mais plus rapide. L’IA compense son manque « d’intelligence » par d’importantes puissances de traitements informatiques. Si l’IA a décollé au début des années 2010 alors qu’elle existe depuis les années 50 cela est du aux progrès réalisés en termes de moyens informatiques et à l’abondance de données. Sans faire ombrage aux compétences et à la qualité des chercheurs et des développeurs, l’apprentissage des machines est rudimentaire comparé à l’efficacité du cerveau. Un enfant est capable de nommer un objet après qu’on lui ait répéter quelques fois son nom alors qu’une IA aura besoin de voir plusieurs millions d’images associées à des labels (étiquettes en mode supervisé) pour reconnaitre un objet. En 2012 Google Brain avait réussi à découvrir le concept de chat (en mode non supervisé) après qu’on lui ait fait analyser 10 millions de captures d’écran de vidéo de chats en utilisant de puissants ordinateurs. L’IA réduit l’échelle de temps de l’apprentissage. Si Alpha GO a réussi à battre le champion du monde de GO en 2016, ce n’est pas qu’il était plus brillant que le champion Lee Sedol mais parce que sa puissance de traitement lui a permis d’apprendre en peu de temps ce qui avait pris des années à Lee Sedol. La machine apprend grâce aux données qu’on lui injecte. On est encore loin des capacités d’un être humain qui explore son environnement, expérimente et s’adapte. On y travaille bien sûr et c’est tout le sens des travaux sur l’apprentissage par renforcement « reinforcement Learning ». L’IA utilise dans ce cas-là les données à la volée pour se créer sa propre expérience. Inutile de dire que c’est bien plus complexe.

L’homme : un « rôle model » pour l’IA. On avance mais il faut rester humble et s’abstenir de toute prévision aventureuse même si on ne peut qu’être surpris par les progrès réalisés ces dernières années. On a tendance à vouloir poser sur l’IA un regard anthropomorphique influencé par des dizaines de films de sciences fiction. Certains veulent doter l’IA d’empathie. On est là plus dans l’imitation que dans le ressenti ou l’émotion. Qu’en est il de l’intuition, de l’imagination, de la créativité ? Des algorithmes eux aussi ? Le cerveau humain est un sujet d’étude pour l’homme avec les neurosciences qui tentent de comprendre les mécanismes d’apprentissage de notre cerveau. Ce qui fait l’originalité de l’homme c’est souvent une pointe d’imperfection qui se transforme en différentiation et le hasard vient souvent au secours de son inventivité. On cite de plus en plus de cas de créations réalisées par une IA. Une peinture, de la musique, des articles de presses …. Mais dans tous les cas l’IA a trouvé son inspiration dans les données. Elle créée « à la manière de ». Ce qui rend la création unique c’est d’abord l’envie de créer. L’envie est-elle un algorithme qui rentre dans les cordes de l’IA ? La créativité est une étrange alchimie de la culture, des influences, de l’éducation et du vécu : tout ce qui forme notre personnalité, notre sensibilité, notre humanité. L’IA pourra peut-être un jour s’approcher de cette « humanité » mais pour encore longtemps l’IA se contentera de créer à « la manière de ». Une raison de plus de s’inquiéter des biais introduits lors du développement d’une IA par ses concepteurs.

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Pour collaborer avec l’IA nous allons devoir adapter nos compétences. L’IA comme beaucoup de technologies qui l’ont précédée va permettre d’explorer de nouvelles pistes et d’amplifier le potentiel humain. Voyons-la davantage comme un outil fantastique qui augmente nos capacités que comme un rival qui va limiter notre champ d’action. Pas question pour autant d’être naïf. L’IA va affecter nos métiers et les entreprises comme l’avait fait l’informatique en son temps mais à un rythme accéléré. C’est justement sur ces qualités humaines de création et d’innovation que nous devons capitaliser pour nous distinguer de l’IA et collaborer avec elle. Une récente étude du forum économique international (« future of jobs 2018 ») nous rassure en expliquant que l’IA devrait créer plus d’emplois qu’il n’en détruira mais elle insiste sur le fait que nous rentrons dans une zone d’instabilité des compétences à laquelle nous devons nous préparer. Parmi les 10 compétences qui seront recherchées en 2022, d’après cette étude, on trouve en tête : pensée analytique et innovation, capacité d’apprendre et créativité, originalité, esprit d’initiative. Autant de qualités qui continueront pour longtemps encore à nous distinguer des machines aussi intelligentes soient elles. Apparemment les écoles de commerces et d’ingénieurs ( Le design thinking » essaime dans l’enseignement supérieur ) sont sensibles à ce changement de profile des compétences et commencent à intégrer le design thinking dans leur cursus.

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