La voiture connectée conduit inéluctablement au véhicule autonome

Le secteur automobile est en train de subir une complète révolution. Le partenariat sur la voiture connectée signé entre Renault -Nissan et Microsoft le 26 septembre 2016 est symptomatique de ce qui est en train de se passer. Comme beaucoup d’autres , l’industrie automobile subit l’effet du numérique et voit de nouveaux entrants investir son secteur. La voiture connectée est une étape de transformation du marché de l’ automobile qui conduit inéluctablement au véhicule autonome en bouleversant au passage l’ordre établi.

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Le nombre de voitures connectées multiplié par 5 d’ici 2020. La première étape de la transformation de l’industrie automobile se joue avec la voiture connectée. Dans un rapport publié le 29 septembre 2016 Gartner estime que le marché des voitures connectées sera multiplié par 5 d’ici 2020 évoluant de 12,4 millions de véhicules en 2016 à 61 millions en 2020. coonected-car-gartnerAvec la voiture connectée c’est un nouveau modèle économique qui se met en place. Au-delà du suivi du fonctionnement du véhicule et de la maintenance préventive, voire prédictive, ce qui se profile ce sont des offres de services de plus en plus riches basées sur les possibilités offertes par le numérique. Tesla a montré l’exemple avec un  logiciel de bord mis à jour automatiquement. Sur ce principe, de nouvelles fonctionnalités peuvent être offertes gracieusement ou sous forme de licences payantes par simple modification en ligne du logiciel. Renault-Nissan espère d’ailleurs, grâce au partenariat avec Microsoft, être capable d’offrir une voiture qui pourra être une annexe connectée du bureau. Mais au-delà du véhicule connecté c’est tout un écosystème qui va devoir être repensé. La voiture connectée communique en mode bidirectionnelle.  La multiplication de capteurs de tous types lui permet de communiquer avec son environnement à condition que lui aussi soit capable de communiquer. L’intelligence du véhicule sera dopée à la data. Les routes et les villes vont devenir intelligentes et ainsi renforcer les capacités des véhicules connectés. Cela prendra certes du temps, il est plus facile de changer de voiture que de transformer des routes et des villes, mais la transformation est en marche.

En 2035 la moitié des revenus liés aux voitures autonomes proviendra des logiciels et services. Tout naturellement le véhicule connecté nous amène au véhicule autonome. Les capteurs et l’intelligence artificielle font de tels progrès que la route est grande ouverte pour les voitures sans chauffeur même si cela se fera par étape progressive. Les logiciels d’auto apprentissage (machine learning et deep learning) donneront la capacité aux véhicules connectés d’apprendre en communiquant avec d’autres véhicules ou avec l’environnement. De ce fait elles gagneront progressivement en autonomie.  AT Kearney a publié une étude intéressante l’année dernière qui explique bien les étapes de cette transformation et se projette en 2035 pour arriver à une conduite autonome avec des infrastructures routières intégrées mondialement. Le cabinet insiste sur la nécessaire pédagogie pour que les conducteurs acceptent de déléguer à une intelligence artificielle la responsabilité de la conduite.  En 2035 le marché des véhicules autonomes est estimé à 500 milliards d’euros par AT Kearney, soit 17 % du marché automobile. Ce qui est révélateur c’est que la moitié de ce marché proviendra des applications, des services et des systèmes de sécurité. C’est  là où justement la valeur est la plus forte et les constructeurs automobiles auront fort à faire pour tirer leur épingle du jeu face aux géants du numérique.

La sécurité sera une préoccupation grandissante. Au fur et à mesure que les véhicules gagneront en autonomie nous devrons pouvoir leur faire une totale confiance en leur confiant notre vie. Fiabilité des logiciels embarqués, qualité des codes et des algorithmes et pertinence des systèmes d’intelligence artificielle seront incontournables pour assurer le succès de ces nouveaux véhicules mais ils devront faire face également aux menaces de cybercriminalité. Les récentes attaques utilisant des objets connectés (voir mon billet précédent) ont encore démontré à quel point la vulnérabilité de systèmes connectés doit être prise au sérieux. Dans son un article intitulé « Voiture connectée : voici les hacks les plus fous des dernières années » le journal 01net nous rappelle quelques piratages de voitures connectée qui vont du déverrouillage à la prise de contrôle.

Le défi est lancé à l’industrie automobile comme à tous les autres secteurs. Il faut innover dans l’innovation, le numérique a cassé les barrières entre l’industrie. L’innovation est cross domaines à présent. Elle oblige à sortir de son domaine de compétence et d’excellence pour explorer des domaines totalement nouveaux. Elle ne s’arrête surtout pas à un domaine purement technique, l’innovation doit emprunter à d’autres disciplines, anticiper les usages et imaginer d’autres  modèles économiques.

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