Au secours Darwin, le monde est devenu numérique !

Le jeudi 24 mars au Musée de l’Homme, Vincent Magnon annonçait « SPIE ICS » le nouveau nom de l’intégrateur (anciennement SPIE Communications). Un lieu parfaitement adapté pour nous sensibiliser à la nécessité d’évoluer dans un monde qui devient numérique.  Une évolution mise à l’honneur par l’intervention de Pascal Picq, paléoanthropologue, qui incite les entreprises à s’inspirer des théories de Darwin pour s’adapter au monde d’aujourd’hui. A la fin de la soirée SPIE ICS avait eu la bonne idée de nous offrir son *livre « S’adapter et innover pour survivre ». Un ouvrage qui propose des pistes de réflexions intéressantes pour s’adapter.

Darwin Lamarck

La France s’est modernisée sous l’influence de Lamarck. Appliquer les théories de l’évolution à l’entreprise est-ce vraiment réaliste ?  En y regardant de plus près notre société IMG_4302moderne a émergé aux 18 ème et 19 ème siècles en même temps que les théories de l’évolution. Les entreprises sont comme des espèces et n’échappent pas aux mécanismes de l’évolution. L’ évolution se fait dans la confrontation entre les facteurs internes de l’entreprise et les facteurs externes et environnementaux. Les espèces, les sociétés et les entreprises ont des capacités à évoluer contraintes par leurs histoires que l’on appelle  souvent aujourd’hui « ADN ».  La France a une culture d’essence Lamarckienne contrairement aux Etats Unis. Cette culture considère que l’évolution se fait de manière verticale et par secteur. Une conception qui  à façonner la société française et tout particulièrement les grandes administrations, les entreprises et l’enseignement. On raisonne par filières et par amélioration des filières existantes. Cette vision fonctionne bien dans une époque de croissance comme celle qui a contribué à moderniser la France après la seconde guerre mondiale avec les trente glorieuses. Ce système peut malheureusement brider l’innovation car il consiste à innover des produits dans des filières bien établies. Selon Pascal Picq ces années prospères nous ont fait oublier que nous étions dans un monde darwinien et que pour s’y adapter il fallait que les entreprises deviennent darwiniennes.

L’entreprise darwinienne mobilise les mécanismes de l’innovation. Pascal Picq n’oppose pas modèle lamarkien et modèle darwinien. Le modèle lamarkien a d’ailleurs accouché de belles réussites comme Airbus mais selon lui il s’agit plus de développement que d’innovation. Dans un contexte numérique ou la nécessité d’innover et de se réorganiser rapidement est criante, le point de vue de Pascal Picq est intéressant car l’entreprise darwinienne est une entreprise qui s’adapte aux changements en mobilisant les mécanismes de l’innovation. Ses capacités d’adaptation reposent sur l’aptitude à réorganiser ses processus internes et à comprendre les changements du monde externe quitte à abandonner certains Picq dedicaceacquis. L’innovation darwinienne  consiste à produire de la diversité sans présumer des avantages et des inconvénients. C’est par la suite qu’on procédera à une sélection. Pour innover il faut laisser la place à la créativité et au hasard sans rechercher à tout prix le résultat et la rentabilité immédiate. Ce mode d’innovation fait appel à la « serendipidity », un terme qui n’a pas d’équivalent en français que l’on pourrait traduire par « faire par hasard des découvertes heureuses ». Cela impose d’accepter l’échec ce qui n’est pas nécessairement dans la culture française. Pascal Picq cite l’exemple des biocarburants. Plutôt que de rechercher des nouveaux modes d’économie d’énergies on a tenté de développer la production agricole de plantes destinées à produire des hydrocarbures. A évoluer dans sa propre filière on perd en créativité et on se voit dépasser par des entreprises venues d’ailleurs. « On ne change pas une équipe qui gagne » ? C’est certainement vrai lorsque rien ne change, mais dans un environnement qui évolue cette forme  d’immobilisme peut se révéler désastreux. Evoluer dans le monde d’aujourd’hui nécessite de casser les silos qu’ils soient organisationnels, culturels ou technologiques. Place à la diversité.

Et si nos entreprises françaises étaient devenues darwiniennes. La dernière édition du livre de Pascal Picq date de 2014. Depuis les entreprises françaises ont commencé à réagir à la vague du numérique stimulées en cela par les barbares du web et les startups disruptives. Certes l’inertie liée à l’organisation des grandes entreprises est réelle et culturellement nous sommes plus enclins à  réglementer qu’à libérer la créativité. Pourtant de nombreuses initiatives, la Frenchtech en tête, nous donnent des raisons d’espérer. Nos entreprises commencent à collaborer avec des startups pour gagner en agilité et regagner du terrain dans l’innovation. Des écosystèmes se forment démontrant que dans ce monde numérique le besoin de collaborer est impératif. Sommes-nous devenus pour autant darwiniens ? Je ne saurai pas répondre à la question mais j’ai retenu qu’il est plus que jamais nécessaire de s’adapter et d’innover.

*Le livre de Pascal Picq : « Un paléoanthropologue dans l’entreprise  – S’adapter et innover » pour survivre est paru aux éditions Eyrolles

lire également le billet Le numérique dans la chaine de l’évolution au Museum de l’histoire naturelle

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