formule gagnante du numérique: Plateformes et données

L’économie numérique est désormais incontournable. Malheureusement la France accuse déjà un certain retard dû à des réglementations sectorielles trop rigides et à une structure de financement peu adaptée selon une note du Conseil d’Analyse Economique (CAE) sur l’économie numérique. Pour appréhender l’enjeu du numérique il convient de comprendre sur quels mécanismes se sont créées les nouvelles sociétés numériques et quels en sont les impacts sur l’emploi. Deux points traités dans la note du CAE qui a été exposée, le 9 novembre par l’économiste Anne Perrot, lors de la présentation du projet de loi « nouvelles opportunités économiques » (NOE) par le ministre de l’économie Emmanuel Macron.

CAE

Airbnb aurait généré 2,5 milliards d’euros en France sur un an. C’est à l’occasion de son évènement « Airbnb Open », qui se tenait à Paris du 12 au 14 novembre, que la plateforme de réservation a révélé ce chiffre ainsi que la création de 13 000 créations d’emplois liés aux revenus des hôtes et aux dépenses des utilisateurs de la plateforme (lire l’article ). Si ces chiffres sont avérés cela pourrait rassurer ceux qui s’inquiètent de l’arrivée de ces nouveaux modèles d’affaires et de leur impact sur l’économie et l’emploi.  Raison de plus de s’intéresser à la note du CAE.

Le succès du numérique : Plateformes d’intermédiation et données. Les sociétés numériques emblématiques ont cru de manière fulgurante. Les auteurs de la note du CAE expliquent les rendements croissants de ces nouvelles sociétés par l’utilisation d’immenses plateformes d’intermédiation et par une exploitation poussée des données avec des algorithmes sophistiqués et des systèmes de machine learning. Les sociétés numériques qui se sont imposées avec succès peuvent ainsi opérer sur une très grande échelle et instaurer une relation de confiance entre les offreurs de services et les clients. Dans le même temps elles n’ont de cesse d’améliorer leurs performances, leurs prix et leurs services grâce à l’analyse des données. Un modèle qui déclenche un effet boule de neige : une amélioration permanente des services attirant des clients de plus en plus nombreux qui contribuent à leur tour à faire connaitre ces services. C’est ce que la note du CAE appelle l’effet réseau, un effet démultiplié comparé aux entreprises traditionnelles.

Le numérique entre consolidation et concurrence. Avec le numérique il ne suffit pas d’avoir une idée géniale. Le modèle économique devient d’autant plus efficace que les entreprises atteignent de grandes tailles. Celles qui dominent le marché ont réalisé une croissance exponentielle et entrainé la consolidation du marché à leur avantage. Mais dans le numérique rien n’est acquis et la note du CAE constate que « le monopole d’une entreprise est moins durable dans l’économie numérique ». La concurrence est particulièrement intense. Les grandes réussites créent des émules qui rêvent de devenir les Google ou les Criteo de demain. Les grandes sociétés du numérique sont condamnées à innover en permanence. En créant cette relation directe entre offreurs et clients elles ont créé une dépendance à l’utilisateur. La confiance et l’exigence sont au cœur du modèle économique. Pour retenir un utilisateur habitué à comparer et à tester les offres sur internet il n’y pas d’autre issue que d’offrir en permanence la meilleure expérience utilisateur possible.

L’économie numérique c’est également l’économie de la donnée. Les sociétés numériques savent mieux que quiconque la valeur des données. Elles sont passées maitre dans l’utilisation du Big Data pour connaitre parfaitement les comportements et les préférences des utilisateurs. Elles ciblent ainsi mieux leurs utilisateurs et peuvent leur proposer des offres parfaitement adaptées et personnalisées. La note du CAE rappelle que « au-delà des services qu’elles offrent, les plateformes créent aussi de la richesse en permettant la collecte d’une masse considérable de données qui peuvent être valorisées sur différents marchés. ». Ces entreprises sont de devenues véritables professionnels du traitement des données massives et en tirent parti pour se diversifier sur d’autres marchés.

 L’économie numérique déplace les emplois. Les révolutions industrielles et technologiques chamboulent le monde de l’emploi. Les innovations technologiques créent de nouveaux emplois et nécessitent de nouvelles compétences mais elles contribuent également à la destruction d’emplois traditionnels. Le numérique permet l’apparition rapide de nouveaux modèles d’affaire qui remettent en question l’ordre établi de l’emploi. Il est donc naturel de constater une légitime inquiétude face à ce que les auteurs de la note appellent  « la disparition tendancielle d’un certain nombre de professions » et qu’ils classifient de la façon suivante :

  • L’automatisation : certaines tâches particulièrement celles «  routinières  » se prêtent naturellement à l’automatisation
  • L’apprentissage: avec le développement de l’intelligence artificielle, en particulier des algorithmes d’apprentissage, l’automatisation commence à s’étendre à des professions plus qualifiées fondées sur la maîtrise de grandes bases de connaissances (avocat, docteur)
  • Le report sur l’utilisateur final: exemple avec le e-comerce qui court-circuite le vendeur.
  • Le report sur la multitude: exemple wikipedia . Ce sont les internautes qui jouent le rôle de rédacteurs bénévoles de l’encyclopédie en ligne.
  • La concurrence des amateurs : exemple AirBnB

Les emplois du numérique ne se limitent pas à des emplois spécialisés comme les data-scientists mais le modèle privilégie les fonctions assurant des interactions humaines au détriment des tâches routinières. La note du CAE prévoit une polarisation de l’emploi avec des postes à forte compétence et bien rémunérés et d’autre part des emplois peu qualifiés mais non routiniers faiblement rémunérés

La note du conseil d’analyse économique a été rédigée par Nicolas Colin, Augustin Landier, Pierre Mohnen et Anne Perrot. Dans ce billet je me suis volontairement intéressé qu’à l’aspect analyse de l’économie numérique . La note recommande de créer un droit à l’expérimentation, de développer les systèmes de notation par les clients et de généraliser le statut d’auto-entrepreneur. Je vous laisse découvrir les préconisations  proposées pour réussir sa transformation numérique et produire des sociétés numérique efficaces. lire la note complète du CAE en PDF

 

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