Le numérique dans la chaine de l’évolution au Museum de l’histoire naturelle

Judicieuse idée qu’a eue ATKearney d’inscrire la journée « leadership beyong digital » dans le magnifique lieu du Museum d’histoire naturelle. Plus la journée avançait et plus il devenait presque évident que la transformation numérique constituait une étape importante de l’évolution…

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L’internet de l’objet et le big data militent pour une économie d’abondance

Jeremy Rifkin, auteur de la nouvelle société du coût marginal zéro, débutait la matinée en J RifKinétablissant un lien direct entre l’internet de l’objet, le Big Data et la nouvelle économie. Nous ne sommes plus dans l’ère de la communication marketing. J.Rifkin n’hésite pas à affirmer que l’internet de l’objet débouche sur une d’une troisième révolution industrielle. Cela va bien au-delà de la technologie, l’économie va s’en trouver bouleverser. En agissant sur la productivité l’internet de l’objet, associé au big data, diminue le cout marginal de production de nombreux biens et services qui deviennent quasiment gratuits. Jeremy Rifkin prédit que dans un temps proche de nombreuses personnes produiront leur propre énergie renouvelable et la partageront de la même manière que nous produisons et partageons de l’information en ligne. La vision capitaliste de l’économie est prise à rebrousse-poil par Jeremy, Le droit de propriété laisse la place au partage. De nombreux exemples de fameuses startups comme Blablacar ou AirBnB semblent confirmer son analyse. Elles organisent la vie autour de l’abondance, de la valeur d’usage et du partage plutôt qu’autour de la pénurie comme le fait traditionnellement une économie capitaliste.

Comprendre cette révolution et y prendre part pour survivre

Nicolas Colin, fin orateur, analyse ensuite les comportements des entreprises dans le processus de la transformation numérique. Expliqué ainsi aussi clairement cela sonne comme une évidence. Ce processus de transformation Nicolas Colin le découpe en 5 étapes :

Etape 1 — L’irruption numérique : les cabinets de conseils s’emparent du sujet et démarchent les entreprises qui affichent encore une belle indifférence alors que des startups se créent à chaque niveau de la chaîne de valeur.

Etape 2 — L’éveil de la multitude : De nombreuses startups montent au créneau et séduisent leurs premiers clients. La phase d’indifférence des entreprises en place laisse la place à des interrogations.

Etape 3 — Le rapport de force : les nouvelles entreprises grignotent la marge des entreprises déjà présentes. Le premier réflexe de défense est souvent de faire appel aux pouvoirs publics pour réglementer et protéger le système en place.

Etape 4 — L’arrivée des géants : Le déni n’est plus de mise, on ne parle plus de petites startups mais de géants de l’économie numérique redoutablement efficaces qui savent séduire les consommateurs par leurs services innovants. Les entreprises en place se restructurent, se consolident mais nombreuses sont celles qui disparaissent pour n’avoir pas su anticiper et évoluer en conséquence.

Etape 5 — La remontée de la chaîne : Les attentes des consommateurs sont prises en compte par les géants du numérique qui s’adaptent en permanence. Alors que les entreprises traditionnelles se lamentent sur leur sort en pensant malgré tout qu’elles resteront incontournables, les nouveaux acteurs numériques en sont déjà à se faire une concurrence accrue.

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Nicolas Colin se veut néanmoins rassurant (un peu) pour les entreprises traditionnelles. Elles peuvent réagir pour rester dans la chaine de valeur et demeurer compétitives. Cela demande une réelle prise de conscience. L’économie numérique est, selon Nicolas Colin, une économie de design qui augmente l’expérience utilisateur, c’est en sorte la conquête de l’intimité de l’utilisateur et cela suppose un degré exceptionnel de confiance. Les entreprises doivent se préparer à un choc terrible qui touche chaque fonction de l‘entreprise. Elles doivent pouvoir compter sur des directions RH capables de trouver de nouveaux talents adaptés à ces nouvelles approches et adapter leur structure pour faciliter la collaboration avec des startups qui leur apporteront leur talent d’exécution, une recherche et développement agile et une compréhension du marché dénué d’apriori.

L’homo Sapiens Sapiens à l’origine de l’économie de la connaissance

Idriss J. Aberkane, jeune et brillant, il peut paraitre déroutant mais il force à la réflexion. Parfaitement en Osmose avec le musée d’histoire naturelle il affirme et démontre que la nature Idrissest source de connaissances au lieu d’être réduite à du matériel à exploiter. De nombreuses innovations sont issues de l’observation de la nature que l’on cherche à imiter et à reproduire. « Nature is a library, read it, don’t burn it ». La connaissance est le nouvel or noir, infinie et prolifique doublant tous les neuf ans. Une ressource inépuisable car contrairement à un bien matériel, la connaissance augmente quand elle est partagée. On revient à cette économie de partage évoquée par Jeremy Rifkin. La boucle est bouclée.

Bien d’autres intervenants de qualité et de talents étaient présents lors de cette journée, impossible de tout résumer dans ce billet mais un grand bravo à ATKearney pour cette belle journée de qualité qui s’est achevée dans la grande et magnifique galerie du muséum comme si Idriss avait insisté pour que nous allions observer de près la nature après son brillant exposé.

2 réflexions sur “Le numérique dans la chaine de l’évolution au Museum de l’histoire naturelle

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